RÉSUMÉ Cet article analyse les conclusions du Rapport à mi-parcours de l’initiative « Levez les obstacles » du Fonds mondial. Puisant dans les données recueillies dans les 20 pays dans lesquels l’initiative est menée, le Rapport montre que la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme ne saurait se réduire à une approche biomédicale. Plus que jamais, elle implique de s’attaquer en profondeur aux différents facteurs systémiques (juridiques et sociaux) qui exposent davantage les personnes clés et vulnérables à la maladie et entravent leur accès aux services de santé. Plus spécifiquement, l’initiative et les résultats qui en découlent à mi-chemin permettent de saisir les liens étroits qui existent entre les droits humains et la santé. Devant la dissémination inégalitaire des risques sanitaires et des conditions d’accès aux soins de santé, la défense des droits humains est un enjeu primordial
Il y a cinq ans le Fonds mondial lançait l’initiative « Levez les obstacles ». L’objectif attaché à ce projet était de fournir un soutien technique et financier à 20 pays pour les aider à éliminer les obstacles systémiques liés aux droits humains qui entravent l’accès aux services de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Plus singulièrement, il s’agissait pour le Fonds mondial de contrer la stigmatisation, la discrimination, les lois et politiques punitives, les pratiques abusives des forces de l’ordre, le traitement irrespectueux dans les services de santé et les services inadéquats dont étaient particulièrement sujettes les populations clés. Quoique perfectibles, les progrès réalisés à mi-parcours fournissent un large panorama d’informations et de pratiques utiles pour les prochains investissements catalytiques du Fonds mondial.
De manière générale, la méthodologie utilisée pour refléter l’incidence des interventions s’articule autour de trois niveaux d’importance variable.
Cette démarche a permis de dégager plusieurs tendances de fond.
Nonobstant les difficultés d’implémentation de l’initiative (pp. 12-13) propres à chaque pays ; eu égard aux multiples contraintes nées de la pandémie Covid-19, Levez les obstacles a permis à tous les États bénéficiaires de réaliser des « progrès considérables » (p. 33.) en matière d’accès aux soins de santé par les populations clés en proie aux VIH et à la tuberculose. Les deux graphiques ci-dessous nous donnent un aperçu global de ces progrès.
Un aperçu global de la situation dans les deux pays susmentionnés nous ait donné à travers ce graphique ci-dessous.
Puisant dans les données recueillies dans les 20 pays dans lesquels l’initiative est menée, le Rapport du Fonds mondial montre que la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme ne saurait se réduire à une approche biomédicale. Elle implique de s’attaquer en profondeur aux différents facteurs systémiques (juridiques et sociaux) qui exposent davantage les personnes clés et vulnérables à la maladie et entravent leur accès aux services de santé. Plus spécifiquement, l’initiative et les résultats qui en découlent à mi-chemin permettent de saisir les liens étroits qui existent entre les droits humains et la santé. Devant la dissémination inégalitaire des risques sanitaires et des conditions d’accès aux soins de santé, la défense des droits humains devient plus que jamais primordiale. Il ne peut y avoir de lutte efficience contre ces maladies sans une défense conséquente des droits humains.
Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas seulement d’outiller les populations clés relativement à leurs droits, mais de corriger aussi et peut être surtout les effets (néfastes) de l’environnement et des structures. Un environnement juridique discriminatoire empêchera nécessairement les populations vulnérables de recourir aux services de santé et d'adopter des comportements qui réduisent le risque de contracter le VIH et ce, par crainte précisément d'être arrêtées, harcelées ou violentées part des forces de l'ordre.
Du reste, il y a de bonnes raisons de penser que l’initiative Levez les obstacles accroît l’impact des subventions du Fonds mondial et révèle des stratégies intéressantes qui à l’avenir pourront être mobilisées pour une riposte toujours efficiente contre les anciennes nouvelles et maladies.
Cela dit, en dépit des progrès notoires réalisés grâce à l’initiative Levez les obstacles, quelques défis importants sont toujours d’actualité. L’efficacité de la lutte contre les injustices structurelles qui entravent l’accès aux soins de santé demeure assujettie à la disponibilité du financement, à la volonté politique, à l’implication des communautés, à la qualité données recueillies et au temps. Il faudra inéluctablement de la volonté politique et du temps pour surmonter la persistance de certaines normes sexospécifiques (croyances religieuses, pratiques culturelles, etc.) discriminatoires et stigmatisantes à l’égard des populations clés, parmi lesquelles les femmes et les personnes LGBTQ+.
Toutefois, les protections juridiques entourant les droits civils et politiques liées à la santé ont peu de sens pour ceux qui ne bénéficient pas d’une situation socioéconomique suffisamment sûre pour exercer les droits en question. Par conséquent, les approches de droits humains qui s’attaquent à la discrimination, la stigmatisation et l’exclusion doivent également faire progresser l’égalité et la justice sociales et économiques ― reconnaissant ainsi que la pauvreté et l’inégalité exposent les populations clés à la violation de leurs droits civils et politiques et qu’elles ont, par conséquent, une incidence négative sur l’accès aux services de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
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Lien vers le Rapport : https://www.theglobalfund.org/media/12206/core_2022-breaking-down-barriers-mid-term-assessment_summary_fr.pdf
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