Le présent article est un compte rendu du webinaire organisé par l’Observateur du Fonds mondial/Aidspan le 29 mai 2023. Il s’agissait d’une occasion pour l’intervenante Patricia Vasseur de montrer comment historiquement les assignations sociales genrées ont conduit à l’inégalité de sexes. Tout en pointant les conséquences d’une telle situation, elle s’est également attachée à suggérer des solutions.
D’entrée de jeu, l’intervenante a souligné que le genre influence de manière déterminante tout système sociétal (professionnel, domestique, social, etc.).
Le genre, dit Patricia Vasseur, est un élément constitutif des relations sociales basé sur la perception des différences entre les sexes. Il définit les rapports entre les hommes et les femmes, lesquels rapports :
Lors de sa présentation, l’intervenante a mis en évidence les stéréotypes de genre et les normes sociales qui limitent les choix et les opportunités des femmes et les comportements sociaux extrêmes (violence, exclusion et marginalisation) auxquels elles sont constamment exposés.
Plus spécifiquement, il existe, selon l’intervenante, des attributs /forte pression sociale qui limitent les choix et les opportunités des femmes et porte atteinte à leur liberté et leurs droits fondamentaux par exemple:
Ces différenciations sont perçues comme des conséquences biologiques naturelles et considérées comme acquises.
Selon l’intervenante, les différences systématiques entre les hommes et les femmes ne sont pas le résultat d'un déterminisme biologique, mais d'une construction sociale. Ainsi les rôles sociaux et les pratiques culturelles attribués aux femmes sont examinés, en mettant en évidence les nombreuses responsabilités qui leur sont confiées.
Il a été précisé lors de la présentation que le genre n’est pas une idéologie, mais plutôt:
Ici le concept de genre est présenté comme un outil d'analyse critique et d'action, utilisé pour déconstruire la binarité des genres et remettre en question les normes sociales et les relations de pouvoir fondées sur le genre. Dans sa présentation, l’intervenante a souligné l'importance de prendre en compte les questions de genre dans toutes les institutions, et a mis en évidence certains domaines spécifiques tels que le monde professionnel, la santé et l'environnement.
, les inégalités et les discriminations auxquelles les femmes sont confrontées, telles que les choix de carrière limités, les risques de harcèlement et les obstacles à l'avancement professionnel ont été soulignés.
, l’intervenante a mis en évidence les inégalités de santé liées au genre, en soulignant les comportements socialement normatifs et les relations de pouvoir qui limitent l'accès des femmes aux services de santé. Elle a également pointé les processus croisés de stigmatisation et de discrimination auxquels sont confrontés les individus en fonction de leur âge, de leur appartenance ethnique, de leur statut social, de leur pauvreté, de leur alphabétisation, de leur handicap, de leur orientation sexuelle et de leur type de pathologie (maladie cardiovasculaire, tuberculose, VIH, etc.). Les inégalités en matière de santé sont influencées par le sexe du patient (homme ou femme).
Selon Patricia Vasseur, le genre a été identifié comme un déterminant des inégalités de santé, avec des rôles et des comportements sociaux normatifs qui affectent la santé. Par exemple, les comportements associés à la masculinité peuvent exposer les hommes à des risques plus élevés, tels que les accidents de la route, le tabagisme et la consommation excessive d'alcool, ce qui contribue à réduire l'espérance de vie des hommes.
Les rapports de force entre les sexes peuvent également limiter l'accès des femmes aux services de santé et à l'argent du ménage consacré à la santé. Les hommes qui travaillent peuvent avoir des difficultés à se rendre dans les centres de santé pendant les heures de travail, et il existe une réticence sociale à se faire soigner, car la masculinité est souvent associée à la force et à la non-vulnérabilité.
Au cours de la présentation, il a été indiqué que les femmes ont été les plus touchées que les hommes par la pandémie de COVID-19.
, les inégalités entre les sexes sont particulièrement marquées, notamment en ce qui concerne la régulation des naissances et la maternité. Les femmes peuvent être confrontées à de multiples formes de violence, telles que le mariage des enfants, les grossesses précoces et les mutilations génitales féminines.
Le genre est plus marqué dans le domaine de la régulation des naissances et de maternité à savoir la manifestation de Violences multiples/cumulées (≠VBG : excision/grossesses précoces, mariages d’enfants, fistules vésicovaginales…) qui se manifeste sous plusieurs forme:
Elle a aussi mis l'accent sur les multiples façons dont le genre influence la santé, en soulignant les inégalités et les discriminations liées au genre auxquelles les individus sont confrontés dans les systèmes de santé, ainsi que les liens entre le genre, la santé reproductive et l'environnement.
Au cours de sa présentation, Patricia Vasseur a également abordé le lien entre le genre et l'environnement, en soulignant l'importance de l'autonomisation des femmes dans la lutte contre le changement climatique et la protection de l'environnement.
Les femmes sont souvent touchées de manière disproportionnée par les effets des catastrophes naturelles et du changement climatique, en raison de leur dépendance à l'égard des ressources naturelles, de l'inégalité d'accès à ces ressources, de leur mobilité limitée et de leur pouvoir de décision. Selon elle, les femmes font partie des solutions. Il faut les impliquer dans les politiques et les processus de projets environnementaux ,car elles sont plus sensibles aux besoins des communautés que les hommes.
L’intervenante du webinaire a abordé la question du
. Elle a souligné l'importance d'identifier les discriminations et les comportements abusifs sur le lieu de travail, ainsi que les mécanismes et les normes sociales qui les sous-tendent. Elle a mis en évidence les processus insidieux et inconscients par lesquels les normes de genre sont construites et enracinées dès l'éducation scolaire.
Dans sa présentation, elle s'est aussi concentrée sur le cas des sages-femmes dans
, en soulignant la violence sexiste dont elles peuvent souffrir elles-mêmes et qu'elles peuvent perpétrer sur leurs patientes.
Elle a ensuite proposé
dans les projets de développement, visant à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes en tenant compte de leurs besoins spécifiques. Elle a terminé sa présentation en présentant des exemples de transversalité du genre et suggéré des stratégies pour promouvoir le changement, tels que la formation, le suivi des changements et la modification des postures professionnelles.
Elle a recommandé également la construction d'indicateurs de changement pour évaluer les actions entreprises, en insistant sur l'optimisme quant à la possibilité de changer les perceptions et les comportements, l'importance d'une transformation profonde basée sur l'acquisition de connaissances, la professionnalisation et la réflexion éthique.
À la fin de sa présentation, l’intervenante a proposé une approche globale de la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes, en identifiant les actions nécessaires. Voici les principaux points soulevés :
No comments yet. Be the first to comment!