RÉSUMÉ La réunion annuelle de consultation des circonscriptions africaines du Fonds mondial s’est tenue en octobre à Addis-Abeba (Éthiopie). Elle avait pour objet de discuter d’un éventail de questions susceptibles d’être soulevées à la 40e réunion du Conseil d’administration qui doit avoir lieu cette semaine, dont le problème généralisé et de longue date de la capacité d’absorption. Parmi les représentants présents à la réunion d’Addis-Abeba figuraient toutes les circonscriptions nationales, ainsi que des représentants du Conseil d’administration du Fonds mondial, du Secrétariat et de l’ONUSIDA.
La faible absorption des crédits dans le contexte des subventions du Fonds mondial est une difficulté généralisée à laquelle se heurte de longue date la mise en œuvre des subventions, en particulier en Afrique subsaharienne, récipiendaire d’environ deux tiers des investissements du Fonds. Cette question a été une fois de plus débattue à la réunion annuelle de consultation des circonscriptions africaines du Fonds mondial (Afrique orientale et australe et Afrique occidentale et centrale) qui s’est tenue les 18 et 19 octobre 2018 à Addis-Abeba (Éthiopie).
Des représentants de 46 pays de ces circonscriptions ont participé à la réunion, de même que six participants du Secrétariat du Fonds mondial, trois de l’ONUSIDA et la Présidente du Conseil d’administration du Fonds mondial, Aida Kurtović. Quant à la représentation des pays, elle était assurée par les deux représentants de chaque circonscription du Conseil d’administration, leurs suppléants respectifs de la circonscription africaine, des représentants des instances de coordination nationale et des récipiendaires principaux étatiques.
La capacité d’absorption mesure l’efficacité avec laquelle les subventions octroyées sont utilisées pour obtenir l’impact souhaité. L’absorption peut être mesurée à différents niveaux/dimensions, dont les suivants :
Bien que la faible capacité d’absorption ait été reconnue il y a longtemps comme un défi, le problème semble s’être accentué suite à l’introduction et au déploiement du nouveau modèle de financement. L’évaluation des causes d’une faible capacité d’absorption par les maîtres d’œuvre eux-mêmes met en évidence un certain nombre de problèmes.
Les participants à la réunion du Bureau des circonscriptions africaines s’accordent à penser que l’absorption des fonds des subventions relève de la responsabilité partagée des parties prenantes dans les pays et du Secrétariat.
Parmi les problèmes importants affectant la capacité d’absorption recensés durant l’atelier, citons les suivants :
Les participants ont exprimé l’opinion que le Secrétariat possède déjà les ressources nécessaires pour régler rapidement leurs problèmes. Par exemple, ont-ils indiqué, les équipes de pays pourraient adopter une attitude plus volontariste afin d’identifier la nécessité de reprogrammer, minimiser les retards de réponse aux demandes des pays ou aux demandes de reprogrammation, et d’envoi des lettres de recommandation lorsque les agents locaux du Fonds identifient des problèmes clés durant leur évaluation.
Un autre problème longuement discuté est le grand nombre de visites sur le terrain des équipes de pays du Fonds mondial et le manque de structure de certaines de ces visites. Le problème est que les visites répétées, et parfois inopportunes, des équipes de pays perturbent la mise en œuvre des programmes, car le personnel n’a pas le temps de se concentrer sur son travail parce qu’il doit participer à des réunions et accompagner les visiteurs pendant leur séjour.
La reconnaissance du problème d’absorption parmi les récipiendaires principaux, les instances de coordination nationale et le Secrétariat, ainsi que des différents facteurs contributifs, a mené à la mise en œuvre de différentes mesures, en particulier vers la fin du quatrième cycle de reconstitution des ressources, à savoir :
Les participants ont fait part de leur préoccupation concernant la manière dont ces taux d’absorption améliorés (et élevés) ont été obtenus. Vers la fin de 2017, les pays et le Secrétariat, cherchant à augmenter l’absorption, ont axé le plus gros des efforts de reprogrammation sur les produits de santé – sur lesquels les fonds peuvent être dépensés plus rapidement – plutôt que sur le renforcement des systèmes de santé. Dans les pays dont la chaîne d’approvisionnement est déficiente, une telle mesure peut entraîner des gaspillages du fait d’expirations inutiles ou de mauvaises conditions de stockage. Comme l’a souligné un participant : « Un taux d’absorption élevé est parfois bon, parfois mauvais : ce qui se cache derrière ce chiffre doit être analysé minutieusement ». Les participants s’accordaient à penser que le taux d’absorption ne doit pas être une fin en soi, et que les pays ne doivent pas recourir à cette solution facile pour absorber les crédits inutilisés.
Les participants issus de pays au contexte d’intervention difficile ou soumis à la politique de sauvegarde supplémentaire ont également signalé des préoccupations spécifiques. Ils ont tous des mécanismes de contrôle plus stricts, et certains ne choisissent pas eux-mêmes leur récipiendaire principal. Ces politiques et ces contrôles contribuent certes à réduire la fraude et la mauvaise gestion, mais ils ralentissent également la mise en œuvre, ce qui à son tour réduit l’absorption.
Les participants ont avancé que le Fonds mondial et les pays devraient collaborer en vue de renforcer les procédures internes des pays, de manière à ce que ceux-ci puissent, à terme, être libérés de la politique de sauvegarde supplémentaire.
Les participants à l’atelier ont affirmé que l’absorption des crédits des subventions du Fonds mondial a augmenté de manière prononcée entre les subventions du modèle reposant sur les séries et celles du nouveau modèle de financement, et ce sur l’ensemble du portefeuille, grâce aux efforts conjoints des pays bénéficiaires et du Secrétariat. Ils ont également souligné que l’engagement et le soutien des équipes de pays sont cruciaux pour les alerter aux problèmes d’absorption suffisamment tôt pour qu’ils puissent prendre des mesures correctives. Si des fonds inutilisés sont identifiés, on peut leur trouver une meilleure utilisation. Tous les participants sont d’avis que les pays, les partenaires et le Secrétariat doivent continuer d’axer leurs efforts sur le maintien d’un taux plus élevé d’absorption des fonds afin de ne pas perdre les acquis.
Cet article reflète principalement les opinions des participants à la réunion annuelle de consultation des circonscriptions africaines. L’Observateur du Fonds mondial publiera un article de suivi dans un prochain numéro afin de discuter des initiatives du Secrétariat à l’appui d’une meilleure absorption des crédits des subventions du Fonds mondial.
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