RÉSUMÉ Une enquête du Bureau de l’Inspecteur général a constaté qu’un fournisseur local du Burkina Faso a livré 35 motocyclettes contrefaites au récipiendaire principal d’une subvention de lutte contre la tuberculose. L’enquête a également révélé que le récipiendaire principal n’a pas pris les mesures appropriées lors de l’attribution du contrat au fournisseur et lorsqu’il a pris connaissance des activités frauduleuses.
Une enquête du Bureau de l’Inspecteur général a trouvé des preuves de fraude à petite échelle par un fournisseur local. Elle a également révélé que le récipiendaire principal d’une subvention de lutte contre la tuberculose n’a pas pris les mesures appropriées lors de l’attribution du contrat au fournisseur et lorsqu’il a pris connaissance des activités frauduleuses.
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D’après le Bureau de l’Inspecteur général, en juin 2014, le fournisseur en question, Sogedim-BTP Sarl, a livré 35 motocyclettes contrefaites et de mauvaise qualité, pour un montant de 73 366 euros, au récipiendaire principal, le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le sida et les IST (SP-CNLS). Ces véhicules étaient requis pour la prestation de services ciblant des personnes atteintes de tuberculose.
Les motocyclettes n’ont jamais été utilisées. Après leur livraison en juin 2014, elles n’ont pas été mises en service, n’étant pas pourvues des plaques d’immatriculation idoines. Alors qu’elles étaient entreposées dans les locaux des sous-récipiendaires, l’un d’entre eux a alerté le récipiendaire principal de ce que leur état se dégradait. Le récipiendaire principal a chargé un cabinet d’expertise indépendant d’évaluer les véhicules, et celui-ci a confirmé qu’il s’agissait de motocyclettes de contrefaçon. Selon le Bureau de l’Inspecteur général, en novembre 2014, le récipiendaire principal a demandé à la Sogedim de fournir un certificat d’authenticité, ce que la Sogedim n’a pas fait. En février 2015, le récipiendaire principal a demandé à la Sogedim de remplacer les véhicules, et là encore la Sogedim a refusé.
Le récipiendaire principal n’a averti l’équipe de pays du Secrétariat du problème qu’en juillet 2015, soit un an après la livraison des véhicules de contrefaçon. Le Secrétariat n’a pour sa part notifié le Bureau de l’Inspecteur général qu’en décembre 2016, dix-huit mois plus tard. Le Bureau de l’Inspecteur général estime que ce retard était en partie imputable au fait que les parties concernées avaient mal compris quand il fallait signaler de tels problèmes, bien que les politiques du Fonds mondial soient claires sur ce point.
Le Bureau de l’Inspecteur général juge que la Sogedim n’a pas coopéré aux demandes raisonnables d’information du Fonds mondial durant l’enquête.
En ce qui concerne le récipiendaire principal, l’enquête a constaté les faits suivants :
La subvention de lutte contre la tuberculose concernée, BUR-810-G11-T, a pris fin en mai 2015 et sa clôture financière est en cours. Le récipiendaire principal, SP-CNLS, ne gère pas les subventions tuberculose et VIH/tuberculose actuelles.
Le Bureau de l’Inspecteur général indique dans son rapport d’enquête que le Secrétariat a considérablement renforcé les mesures d’atténuation des risques pour le portefeuille du Burkina Faso depuis l’achat des motocyclettes, en réponse à une enquête antérieure dont les résultats avaient été publiés le 30 octobre 2015 (voir l’article de l’OFM). Cette première enquête avait révélé l’achat massif de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action par un récipiendaire principal gouvernemental en 2010. Parmi les mesures renforcées d’atténuation des risques figurent les suivantes :
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