4. ANALYSE ET COMMENTAIRES
19 Oct 2015
S’appuyer sur les acquis du round 10 et renforcer l’assistance technique

En soumettant la note conceptuelle au Fonds Mondial, l’Instance de Coordination Nationale (ICN) de la Guinée n’avait pas identifié de sous-récipiendaire pour la subvention VIH. Le Comité de suivi stratégique de l’ICN a initié des consultations, fin septembre 2015, en vue de les identifier. Un membre de l’ICN a indiqué à Aidspan: «  L’ICN, en coopération avec les récipiendaires principaux évaluera les sous-récipiendaires de la subvention Round 10 VIH et, si nécessaire, sélectionnera les candidats supplémentaires via des appels à manifestation d'intérêt ».

L’ICN souhaiterait travailler avec les intervenants du Round 10 ayant eu des bonnes performances de gestion programmatiques et financières. Le comité de suivi stratégique évaluera les capacités des sous-récipiendaires impliqués dans la mise en œuvre du round 10.

L’outil d’évaluation du Fonds Mondial sera utilisé pour cet exercice. Cette évaluation permet de vérifier les aspects de suivi et évaluation ; gestion financière et systèmes financiers ; gouvernance et gestion du programme et gestion des achats et des stocks. Ceux qui auront atteint des critères de satisfactions seront confirmés. L’évaluation permettra également de déceler des aspects à améliorer. Le membre de l’ICN conclut en affirmant « qu’un plan visant à renforcer les compétences basées sur les lacunes identifiées lors de l'évaluation et de ses recommandations sera élaboré et mis en œuvre. Nous utiliserons le budget d’assistance technique dans la note conceptuelle. D’autres opportunités d’assistance technique seront également explorées  auprès des fournisseurs reconnus par le Fonds Mondial ».

Problème de capacités

La problématique des capacités est un problème récurrent en Guinée. Un des récipiendaires principaux confie: « De notre expérience de mise en œuvre des précédents Rounds, nous avons deux types de sous-récipiendaires en Guinée; ceux émanant des organisations internationales avec de solides capacités et ceux émanant de la société civile locale dont les capacités ne sont pas encore à la hauteur de la mise en œuvre d’un programme du Fonds Mondial.

Conscient de cette situation, plusieurs activités avaient été programmées au Round 10 pour soutenir les ONGs locales, mais aujourd’hui cet investissement ne se ressent pas. ». En effet le Round 10 a significativement investi dans le renforcement des systèmes communautaires à travers l’implication de 50 ONG nationales dans tout le pays pour les activités de communication pour le changement de comportement, promotion du dépistage et soutien. Une série de programmes de formation supplémentaires a permis de renforcer les compétences de ces ONG sur plusieurs plans (gestion, bonne gouvernance, leadership, développement de projet et mobilisation des ressources). Cinq réseaux nationaux ont également reçu un soutien en termes de matériel, d’appui organisationnel, y compris les capacités financières pour aider à renforcer l’offre de services VIH dans la communauté. En outre, les associations de personnes vivant avec le VIH / SIDA  ont bénéficié d’activités génératrices de revenu pour renforcer leur autonomie financière.

L’épidémie Ebola

Malgré ces acquis, des défis persistent comme l’explique un sous-récipiendaire.  « Nous avons perdu plusieurs de nos cadres lors de l’épidémie Ebola ; en plus, ils nous manquent des ressources financières durables pour conserver les travailleurs qualifiés et expérimentés. » En effet, Ebola a laissé un système sanitaire guinéen en ruine après son passage. Les travailleurs de premier front ont également été anéantis.  Un membre de l’ICN issue de la Société Civile s’inquiète des performances  du récipiendaire principal issue du SE/CNLS (Secrétariat Exécutif du Comité National de Lutte Contre le SIDA). «  Au cours des différents Rounds et malgré les mesures correctrices, le SE/CNLS qui est bénéficiaire principal pour le nouveau modèle de financement, ne rassure pas sur sa capacité à gérer des ressources qui seront de plus en plus importantes dans le cadre du NMF. Le Comité de suivi stratégique de l’ICN est conscient de cette situation et compte renforcer son soutien au SE/CNLS. »

Financement à deux voies

En effet dans le cadre de la mise en œuvre du Round 10, le SE/CNLS a eu des difficultés dans la coordination et la gouvernance (insuffisance de personnel de finances qualifié), la gestion des produits de santé (faible capacité technique et de gestion du personnel responsable de la chaîne d'approvisionnement) et enfin des délais très longs dans la passation des marchés.   En outre, en optant pour le financement à deux voies qui permet d’avoir deux récipiendaires principaux dont un issue du secteur gouvernemental et l’autre récipiendaire issu soit du secteur privé ou de la société civile, l’ICN espère renforcer la capacité d’absorption de la subvention, rapprocher le suivi des sous-récipiendaires et se conformer aux exigences du Fonds Mondial. Deux récipiendaires principaux ont été identifiés au préalable. Le SE/CNLS pour la partie gouvernementale et PSI pour la société civile

Malgré cette dynamique qui se met en place, les défis restent nombreux. Un acteur de la société civile impliqué dans les activités du Fonds Mondial constate que « même si l’ICN est en train de travailler avec acharnement pour le début rapide de la mise en œuvre du programme, nous restons préoccupés par le processus électoral qui peut contribuer à la détérioration de l’environnement sécuritaire. ». Ces tensions potentielles après l’élection présidentielle du 11octobre 2015 pourraient avoir un impact sur la mise en œuvre de la subvention à travers le ralentissement des activités.



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