Un rapport d’Aidspan souligne les lacunes de la lutte contre le VIH chez les enfants

6. ARTICLES COURTS
4 Jan 2016
Selon un nouveau rapport d’Aidspan, les enfants ne sont toujours pas la priorité du nouveau modèle de financement. Ce rapport détaille les résultats d’une analyse de 22 notes conceptuelles soumises au Fonds mondial et de plusieurs accords de subvention signés entre le Fonds mondial et 16 récipiendaires principaux. Le rapport est disponible (en anglais) ici (voir liste à droite intitulée Recent Reports).
 
Dans sa Stratégie 2012-2016 : Investir pour l’Impact, le Fonds mondial s’était engagé à renforcer le contenu des propositions relatif à la santé maternelle néonatale et infantile. Cependant, notre analyse révèle que les interventions VIH destinées aux enfants sont toujours sous-représentées dans les notes conceptuelles VIH.
 
Notre étude examine l’inclusion de 47 interventions à destination des enfants et des adolescents dans les notes conceptuelles. La liste des interventions provient d’un examen d’articles et de directives scientifiques sur ce sujet. Les interventions ont été classées dans cinq catégories plus larges : 
 
  • Prévention de la transmission mère-enfant;
  • Traitements, soins et conseils pédiatriques;
  • Prévention, traitement, soins et services de conseils pour les adolescents (y compris les adolescents des populations clés);
  • Lois et politiques pour réduire les vulnérabilités et augmenter l’accès aux services VIH; et
  • La lutte contre la violence basée sur le genre.
 
Les accords de subvention ont également été analysés à l’aune des indicateurs liés aux enfants.
 
La représentation des interventions à destination des enfants est généralement faible. 45% des notes conceptuelles contiennent moins de 10 des 47 interventions. 5% n’en contiennent aucune.
 
Selon un récent rapport publié par UNICEF, le nombre de décès liés au SIDA parmi les adolescents a triplé depuis les quinze dernières années. En dépit d’un large nombre d’enfants atteignant l’adolescence sans connaître leur statut, moins de 40% des notes conceptuelles de notre étude incluent un dépistage et un accompagnement psychologique pour les enfants dans les cliniques de vaccination, de consultation et les départements de pédiatrie.
 
Selon l’UNICEF, la majorité des adolescents n’ont pas accès aux interventions de prévention, ce qui va dans le même sens que nos observations : 27% des notes conceptuelles examinées ne contiennent aucune intervention clé à l’attention des adolescents. Les interventions ciblant les adolescents dans les domaines du dépistage, du soutien psychologique, du traitement antirétroviral, du planning familial et de la circoncision masculine volontaire sont présentes dans moins de 30% des notes conceptuelles.
 
Un examen des accords de subvention révèle que 87% d’entre eux ont des indicateurs relatifs aux enfants. Cependant, pour une majorité d’indicateurs les enfants sont inclus dans des catégories d’âge plus large. La moitié des accords de subventions ont un indicateur concernant les ART pour les femmes enceintes mais aucun n’a d’indicateurs concernant la distribution de préservatifs, le planning familial pour les femmes vivant avec le VIH, les conseils sur l’alimentation des nourrissons ou le renforcement de capacités des agents de santé.
 
Il n’est pas possible de déterminer, d’après les notes conceptuelles et les accords de subvention, les montants spécifiques accordés aux enfants. Cependant, notre analyse révèle que le financement d’interventions cruciales, particulièrement pour les adolescents, a été dans certains cas demandé dans le cadre de la partie extérieure de l’allocation. Ces activités incluent la promotion de services de santé accessibles aux jeunes, la lutte contre la violence faite aux femmes, le mariage précoce, les relations sexuelles intergénérationnelles et rémunérées, un soutien économique aux orphelins, le renforcement des soins ART en pédiatrie et les programmes scolaires et para-scolaires.
 
(la partie extérieure de l’allocation de la note conceptuelle contient des interventions qui ne sont pas couvertes par l’allocation au pays mais qui ne peuvent être financées que si un financement supplémentaire devient disponible).
 
L’étude d’Aidspan révèle des lacunes dans les programmes VIH pour les enfants. Certaines de ces lacunes ont été pointées du doigt lors des forums de partenariat du Fonds mondial visant à offrir des directives et des contributions pour le développement de la Stratégie du Fonds mondial pour 2017-2022. Les parties prenantes ont appelé à mettre un accent plus fort sur le genre, les droits de l’homme, les populations clés, y compris dans la planification de la transition. Elles ont recommandé plus de plaidoyer en faveur de l’introduction de lois qui renforcent les droits des femmes et des jeunes filles.
 
Les participants ont également souligné la nécessité de données ventilées de qualité et d’encouragements à financer des interventions axées sur les droits de l’homme et le genre. Ils ont également suggéré le développement d’indicateurs clés de performance (ICP) pour mesurer les résultats obtenus sur les femmes et les jeunes filles ainsi que des programmes de lutte contre les violences faites aux femmes dans les notes conceptuelles. 
 
Commentaire d’Aidspan :
Alors que le Fonds mondial élabore sa nouvelle stratégie pour 2017-2022, un accent plus fort mis sur les programmes VIH à destination des enfants est nécessaire. Le Fonds mondial doit inciter les pays à inclure un contenu orienté sur les soins maternels, néonatals et infantiles dans les notes conceptuelles. Il faut également que plus de données soient disponibles pour évaluer l’impact du Fonds mondial sur le VIH chez les enfants. Les pays devraient saisir cette occasion pour élaborer des notes conceptuelles comprenant des interventions visant spécifiquement les enfants.
 

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