Malgré quelques difficultés, l’Amérique latine et les Caraïbes progressent dans le cadre du nouveau modèle de financement

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14 Oct 2014
Six notes conceptuelles soumises, huit autres en prévision pour la session d’octobre dans la région

Dans le cadre du nouveau modèle de financement, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont soumis six notes conceptuelles fin septembre et doivent en soumettre huit nouvelles lors du prochain créneau de candidature en octobre, selon un calendrier communiqué à Aidspan.

Trois des six premières notes conceptuelles soumises ont été retournées après examen par le Comité technique d’examen des propositions ; leur révision devrait être terminée à temps pour qu’elles puissent être examinées lors de la prochaine session du Comité qui aura lieu en novembre.

Une reprogrammation des fonds destinés à soutenir le programme de lutte contre le VIH au Guyana a été approuvée, à l’instar de la note conceptuelle pour le VIH soumise par Cuba. Selon Silvio Martinelli, responsable régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes au Secrétariat du Fonds mondial, une subvention pour cette composante de maladie devrait être établie d’ici la fin de l’année. 

Le Comité technique d’examen des propositions a demandé à Haïti, qui a soumis en juin 2014 une note conceptuelle commune pour le VIH et la tuberculose, de revoir sa proposition et d’accorder plus d’attention aux relations entre les deux maladies, mais également d’assurer une meilleure coordination des programmes. Afin d’aider le pays le plus pauvre de la région, qui est aussi le plus touché par le VIH, la tuberculose et le paludisme, une assistance technique sera fournie par la France, les Etats-Unis dans le cadre du PEPFAR et l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS). Haïti devrait en outre prendre part à un processus de simulation du Comité technique d’examen des propositions pour les pays francophones avant la prochaine session de novembre. Ce processus n’est pas soutenu par le Fonds mondial mais est coordonné par les partenaires techniques. 

Il a également été demandé au Paraguay de soumettre de nouveau sa note conceptuelle pour le VIH en novembre. 

Sur les quelques manifestations d’intérêt sélectionnées parmi plus de quarante soumises en avril 2014, trois nouveaux programmes régionaux ont par ailleurs été invités à soumettre des notes conceptuelles en février 2015.

Parmi les candidats régionaux figurent REDLACTRANS, un réseau de personnes transgenres, la Coalition internationale des femmes (ICW-Latina) et le PANCAP, programme de lutte contre le VIH au sein de la Communauté des Caraïbes (CARICOM). 

La proposition de PANCAP aiderait à poursuivre des activités régionales existantes.

La part relativement modeste des 14,67 milliards US$ qui a été allouée à l’Amérique latine et aux Caraïbes pour la période 2014-2017 n’empêche pas qu’ils puissent se distinguer par des pratiques exemplaires à l’échelon régional, insiste M. Martinelli. Par exemple, le Panama doit soumettre en octobre une proposition conjointe pour le VIH et la tuberculose, sur la base d’une recommandation du Secrétariat. Jusqu’à présent, les coûts de transaction importants liés à l’engagement de deux récipiendaires principaux signifient que des fonds qui devraient servir à financer des activités ont été engloutis par l’administration. Le Panama, qui bénéficie d’une subvention minime (7,9 millions US$ au total) mais dispose de grandes capacités, pourrait montrer la voie à d’autres pays se trouvant dans une situation analogue, indique-t-il.

Des points de désaccord ont occasionné des retards de soumission dans certains pays qui s’engagent dans la procédure du nouveau modèle de financement, note M. Martinelli. « En juillet, nous devions recevoir sept notes conceptuelles, mais nous n’en avons reçu que trois. Nous avons pris part à deux importantes réunions afin de préparer des feuilles de route pour l’élaboration des notes conceptuelles, mais certains ont trouvé cette procédure plus difficile que prévue ». 
Une enquête menée auprès des instances de coordination nationale de la région révèle certaines difficultés liées aux nouvelles technologies et aux exigences de soumission en ligne. Parmi les autres problèmes identifiés, citons notamment l’intégration des nouvelles conditions d’admissibilité des membres des instances de coordination nationale, y compris la participation des populations clés, notamment pour le paludisme. 

Certains pays ont en outre rencontré des problèmes plus sérieux que d’autres dans la collecte et l’analyse des données ; la soumission d’une nouvelle note conceptuelle par le Paraguay a été nécessaire à cause d’un manque de données fiables justifiant les interventions proposées. Une assistance technique et des ateliers sont prévus prochainement pour aider à axer les interventions sur les « zones sensibles », sur la cartographie des données et l’analyse démographique. 

« L’ancien système n’avait pas véritablement permis d’apporter de données et de faits solides sur les populations clés et les zones sensibles ; le nouveau système devra y remédier », déclare M. Martinelli. 

Dans l’ensemble, selon lui, les allocations sont jugées satisfaisantes étant donné qu’il y a une « bonne corrélation entre le niveau de revenu et la charge de morbidité dans la plus grande partie de la région ». 

La plupart des discussions porteront désormais sur la pérennité des programmes au-delà du financement du Fonds mondial. « Les discussions sur l’élimination des maladies sont de plus en plus fréquentes, notamment pour le paludisme ; nous nous orientons non seulement vers l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, mais également l’élimination de la tuberculose dans quelques pays », indique-t-il. 

Cela semble en grande partie dû au fait que les ressources du Fonds mondial ne représentent qu’un faible pourcentage du budget national. Dans la plupart des pays, les pouvoirs publics paient les médicaments, totalement ou en grande partie. Ainsi, le Fonds mondial pourrait apporter une contribution précieuse à la région en aidant à cibler les populations clés, qui sont généralement marginalisées sur le plan politique, ne bénéficient d’aucune aide financière et ne sont en fait que des laissées pour compte de la société et des budgets nationaux. 

« Il s’agit d’un scénario dans lequel, dans moins de 10 ans, nous l’espérons, toutes les autres régions peuvent se retrouver tout au moins au même niveau », déclare-t-il. « Dans la plupart des pays, le pourcentage [de financement national] est déjà respecté. Nous nous efforçons donc de les convaincre d’en faire un peu plus, de s’impliquer davantage et d’être plus efficace dans la riposte : en particulier la partie peu attractive sur le plan politique de la riposte »

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