Les résultats du partenariat du Fonds mondial en 2017 révèlent une importante augmentation du nombre de vies sauvées et de personnes sous traitement contre le VIH, la tuberculose et le paludisme

1. NOUVELLES
27 Sep 2018
Les modifications de la méthodologie de calcul des résultats ont contribué aux augmentations

Le Fonds mondial a publié son Rapport 2018 sur les résultats, le premier à reposer sur la méthodologie révisée adoptée par le Fonds pour le suivi et la communication des résultats et de l’impact. Le rapport 2018 fournit les résultats pour l’année 2017.

Le rapport a été lancé officiellement le 12 septembre à l’occasion d’un événement à Paris (France). (Le Fonds mondial avait annoncé que la France accueillerait la sixième conférence de reconstitution des ressources en 2019.)

Cet article présente les points saillants du rapport.

Le rapport révèle que les programmes de santé soutenus par le partenariat du Fonds mondial avaient sauvé 27 millions de vies fin 2017, contre 22 millions à la fin de l’année précédente. Il signale également que 17,5 millions de personnes étaient sous traitement antirétroviral fin 2017, soit 6,5 millions de plus que fin 2016.

Les modifications apportées à la méthodologie de suivi et communication de l’information ont contribué à la forte hausse de ces deux indicateurs. (Voir la section suivante de cet article pour une description des changements.)

Dans son rapport 2018, le Fonds mondial révèle qu’au cours de 2017, 696 000 femmes enceintes ont reçu des médicaments destinés à prévenir la transmission du VIH à leur enfant, 5 millions de cas de tuberculose ont été traités, 102 000 personnes ont reçu un traitement contre la tuberculose pharmacorésistante, 108,0 millions de cas de paludisme ont été traités, 195 millions de moustiquaires ont été distribuées et 12,5 millions de structures ont été traitées par pulvérisation d’insecticide à effet rémanent.

Étant donné que le rapport 2018, qui contient les données relatives à 2017, est le premier préparé selon la méthodologie révisée, il ne contient pas de comparaisons avec les résultats de 2016. À partir de l’année prochaine, c’est-à-dire du rapport 2019 sur les résultats, le Fonds mondial compte fournir des comparaisons d’une année sur l’autre.

Le rapport 2018 sur les résultats contient également plusieurs nouveaux indicateurs. Ainsi, le Fonds mondial révèle qu’en 2017, 79,1 millions de tests de dépistage du VIH ont été pratiqués, 4,9 millions de membres de populations clés ont bénéficié des programmes de prévention du VIH, 343 000 patients tuberculeux séropositifs au VIH ont reçu des antirétroviraux durant leur traitement contre la tuberculose, 213 millions de personnes soupçonnées d’être atteintes du paludisme ont subi un test de dépistage et 6 millions de femmes enceintes ont reçu un traitement préventif contre le paludisme.

(La liste complète des nouveaux indicateurs relatifs aux trois maladies figure plus loin dans cet article.)

Tandis que de nouveaux indicateurs sont apparus, d’autres qui étaient utilisés par le passé ont été abandonnés. C’est entre autres le cas du nombre de préservatifs distribués, du nombre d’interventions en matière de communication pour le changement de comportement et du nombre de cas de tuberculose traités avec succès. L’indicateur « Nombre de séances de conseil et de dépistage » a quant à lui été remplacé par l’indicateur « Nombre de tests de dépistage du VIH pratiqués ».

Méthodologie révisée

Seth Faison, directeur de la communication du Fonds mondial, a décrit comme suit les principaux changements au niveau de la méthodologie de suivi et communication des résultats :

« Au cours de la période de la stratégie précédente (2012/2016), le Fonds mondial suivait et communiquait des résultats combinant les réalisations directes des subventions du Fonds mondial et les réalisations de programmes d’autres donateurs, reconnaissant ce faisant que la plupart des subventions contribuaient à des programmes financés par de multiples donateurs. Ces résultats incluaient des résultats nationaux, à savoir lorsque le Fonds mondial contribuait à un pourcentage donné du financement total, et cela variait d’un pays à l’autre. Dans le cadre des préparatifs pour la stratégie 2017/2022, le Fonds mondial a pris part à d’intenses discussions avec ses partenaires, notamment le PEPFAR, l’Organisation mondiale de la Santé et l’ONUSIDA, et il a été convenu de passer à un modèle incluant, dans la mesure du possible, l’intégralité des résultats nationaux. Selon la nouvelle méthodologie, à compter des données 2017, le Fonds mondial suit et fait rapport sur beaucoup plus de résultats nationaux. 

« La méthodologie révisée permet de communiquer de manière plus cohérente les résultats sur une période donnée et au regard de cibles données. Elle permet en outre d’aligner davantage encore la communication de l’information sur celles des autres partenaires. »

Du fait de la méthodologie révisée, le Fonds mondial présentera désormais les résultats annuels plutôt que cumulés. La principale exception concerne les vies sauvées, qu’il continuera de comptabiliser de manière cumulée. La méthodologie relative à l’estimation du nombre de vies sauvées est bien plus compliquée (et est expliquée dans la section intitulée « Quelques mots sur la méthodologie » du Rapport 2018 sur les résultats).

Comme nous l’a expliqué M. Faison, dans ses rapports sur les résultats, le Fonds mondial indiquait par le passé – et continuera de le faire – qu’il s’agissait des résultats obtenus par les programmes qu’il soutient. Dans certains documents, a-t-il ajouté, notamment dans le rapport 2018 sur les résultats, le Fonds mondial signale que certains résultats ont été obtenus par des pays et régions où il investit. « Les deux [formulations] visent à faire passer le même message », a déclaré M. Faison, « dans la mesure où nous entendons par « programmes » les programmes nationaux, et pas uniquement les programmes individuels soutenus par des subventions individuelles ».

Dans un communiqué séparé sur la méthodologie publié le même jour que le rapport, le Fonds mondial indique qu’il « ne s’attribue pas le mérite des résultats nationaux. Comme convenu avec nos partenaires, nous reconnaissons l’effet catalyseur des financiers internationaux. Nous collectons et communiquons des informations plus fines à propos du paysage de financement dans les pays où le Fonds mondial investit de manière à obtenir une image nette de notre contribution aux résultats que nous présentons. »

À partir du rapport 2018, les rapports ne seront plus préparés qu’une fois par an (contre deux fois par an sous l’ancienne méthodologie).

Résultats pour les nouveaux indicateurs

Voir le tableau pour la liste des résultats du rapport 2018 correspondant aux nouveaux indicateurs.

Tableau : Résultats des nouveaux indicateurs figurant dans le rapport 2018 sur les résultats
Maladie Indicateur Résultats for 2017
VIH Nombre de tests de dépistage du VIH pratiqués 79,1 millions
Nombre de personnes vivant avec le VIH ayant bénéficié de services de soins et d’accompagnement 3,4 millions
Circoncisions masculines médicales pour prévenir la transmission du VIH 1,1 millions
Nombre de personnes ayant bénéficié au total des programmes de prévention du VIH 9,4 millions
Nombre de personnes bénéficiaires des programmes de prévention du VIH parmi les populations clés 4,9 million
Nombre de jeunes bénéficiant de programmes de prévention du VIH 1,6 million
Tuberculose Nombre de patients tuberculeux séropositifs sous antirétroviraux pendant le traitement antituberculeux 343 000
Nombre de personnes atteintes d’une tuberculose ultrarésistante sous traitement 3 180
Nombre d’enfants en contact avec des patients tuberculeux placés sous traitement préventif 97 500
Paludisme Nombre de femmes enceintes traitées préventivement contre le paludisme 6 millions
Nombre de cas suspects de paludisme pour lesquels des analyses ont été pratiquées 213 millions

 

Remarque : Les résultats indiqués dans le tableau correspondent à 2017 seulement ; à la différence des rapports précédents, les chiffres ne sont pas cumulés.

Systèmes de santé

Le rapport 2018 sur les résultats révèle qu’en 2017, 27 pour cent des investissements du Fonds mondial ont été affectés au renforcement des systèmes de santé. Ce pourcentage inclut 10,8 pour cent qui ont été directement investis dans le renforcement des fonctions transversales des systèmes de santé, telles que les données, la chaîne d’approvisionnement et l’intégration des prestations de services.

« Pour instaurer une couverture sanitaire universelle et atteindre les objectifs de développement durable, il faut une démarche intégrée de la part de nombreux partenaires », peut-on lire dans le rapport. « Au final, l’on ne pourra venir à bout des épidémies que si les pays disposent de systèmes de santé pérennes, qu’ils financent intégralement sur leurs ressources nationales ».

Autres résultats

Voici quelques autres points saillants du rapport 2018 sur les résultats :

  • Les subventions du Fonds mondial ont décaissé 4,2 milliards de dollars en 2017 ;
  • Les décès dus au sida ont été réduits de moitié depuis 2000, les taux de décès liés au paludisme ont chuté de 60 pour cent au cours de la même période, et ceux dus à la tuberculose ont reculé de 37 pour cent depuis 2005 ;
  • Les données actuellement disponibles des demandes de financement pour la période de mise en œuvre 2018/2020 montrent que les investissements nationaux ont augmenté de plus de 40 pour cent par rapport à la période 2015/2017 ;
  • Le Fonds mondial assure plus de 20 pour cent du financement international des programmes ciblant le VIH, 65 pour cent de ceux visant la tuberculose et 57 pour cent des actions contre le paludisme ;
  • Dans bien des pays, le nombre d’infections à VIH reste très élevé parmi les populations clés et chez les adolescentes et les jeunes femmes. Si rien ne change, nous n’atteindrons probablement pas notre objectif de réduire à 500 000 le nombre de nouvelles infections dans le monde d’ici 2020 ;
  • Le Fonds mondial a augmenté de près de 30 pour cent les sommes allouées aux interventions de prévention destinées aux populations clés et vulnérables pour la période 2017/2019 par rapport à la période précédente ;
  • Les 55 millions de dollars de fonds de contrepartie destinés aux programmes de prévention pour les adolescentes et les jeunes femmes permettront d’en lever plus de 150 millions qui seront investis dans 13 pays fortement touchés ;
  • En raison de la résistance aux médicaments et aux insecticides, cinq millions de cas de plus ont été enregistrés en 2016 par rapport à 2015. On peut classer les pays touchés dans deux catégories : ceux en bonne voie d’atteindre l’objectif d’élimination du paludisme et ceux à forte charge de morbidité dont la riposte recule – presque tous en Afrique.

Profils nationaux

Le Secrétariat du Fonds mondial a préparé des profils de résultats pour le VIH, la tuberculose, le paludisme et les systèmes de santé pour les 21 pays à fort impact. Le rapport 2018 sur les résultats en cite quatre exemples : l’Ouganda (VIH), l’Inde (tuberculose), le Ghana (paludisme) et la République démocratique du Congo (systèmes de santé).

Pour l’heure, l’ensemble complet des 21 rapports de pays n’a été communiqué qu’au Conseil d’administration afin de faciliter ses prises de décisions. M. Faison a indiqué à Aidspan que ces rapports seront diffusés plus largement à une date ultérieure.

Menaces et solutions

Le rapport 2018 sur les résultats donne des exemples des menaces auxquelles est confronté le partenariat du Fonds mondial, dont les suivants :

  • Six pays du G20 – le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Russie et l’Afrique du Sud – figurent parmi les pays présentant la plus forte charge de morbidité au monde, déconstruisant la représentation mythique d’une tuberculose cantonnée aux pays à faible revenu ;
  • La résistance aux antimicrobiens est l’une des principales menaces pesant sur la sécurité sanitaire et économique future. Les décès dus à la tuberculose pharmacorésistante représentent aujourd’hui environ un tiers de la mortalité liée à l’antibiorésistance dans le monde ;
  • Les dépenses consacrées au développement ont connu une croissance substantielle au cours de la première décennie de ce siècle, atteignant leur plus haut niveau en 2012, à 12 milliards de dollars US, mais ont diminué de près d’un quart depuis lors ;
  • La population jeune d’Afrique connaît une croissance rapide. Si les stratégies de prévention n’évoluent pas, on peut s’attendre à une hausse du nombre de nouvelles infections, avec le risque de retrouver les niveaux épidémiques des années 2000.

Le rapport 2018 sur les résultats décrit également quelques solutions pour mettre fin aux épidémies. Il s’agit notamment de :

  • augmenter les investissements dans les systèmes de santé ;
  • augmenter les investissements dans les initiatives destinées à lever les obstacles liés aux droits humains ;
  • mettre en place une démarche nuancée et ciblée pour éliminer les freins d’accès aux services liés au genre ;
  • accroître la mobilisation des ressources nationales et planifier l’affranchissement du soutien du Fonds mondial dès que possible ;
  • investir dans la découverte et l’introduction de médicaments de meilleure qualité et de nouveaux outils pour la santé ; et
  • promouvoir le modèle de partenariat public-privé.

Le Directeur exécutif du Fonds mondial, Peter Sands, s’est exprimé ainsi au lancement du rapport 2018 : « Les chiffres figurant dans ce rapport illustrent bien tout le chemin que nous avons parcouru. Nous avons en point de mire, mais pas encore totalement à notre portée, la perspective de libérer les communautés du fardeau que leur imposent le VIH, la tuberculose et le paludisme. »

Le Rapport 2018 sur les résultats est disponible en version intégrale en anglais et en français sur le site Web du Fonds mondial. Un résumé est par ailleurs disponible en anglais, en français, en espagnol et en allemand.


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