Les propositions de financement devraient contenir davantage d’initiatives de recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre : étude

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2 May 2017
Le Secrétariat, les partenaires techniques et les pays ont tous un rôle à jouer

Davantage doit être fait pour promouvoir l’inclusion d’initiatives de recherche opérationnelle et de recherche sur la mise en œuvre dans les demandes de financement présentées au Fonds mondial. Le Secrétariat, les partenaires techniques et les pays ont tous un rôle à jouer à cet égard.

C’est le message central qui ressort d’une analyse de la situation sur la recherche opérationnelle, la recherche sur la mise en œuvre et le Fonds mondial menée par des chercheurs affiliés à l’Institut tropical et de santé publique suisse de l’Université de Bâle (Suisse) et au Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales de l’Organisation mondiale de la Santé. Un rapport présentant leur recherche a récemment été publié dans la revue Globalization and Health.

Cette recherche avait pour objectif d’approfondir les connaissances de la mesure dans laquelle des activités de recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre sont incluses dans les subventions du Fonds mondial, et des facteurs qui influencent cette inclusion. Plusieurs méthodes ont été utilisées, notamment l’examen de documents pertinents, l’examen de propositions de subventions dans six pays – la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Zimbabwe, l’Inde, l’Indonésie et le Myanmar – des entretiens avec les gestionnaires de portefeuille du Fonds ou les équipes de pays dans chaque pays, et des entretiens avec le personnel du Secrétariat Fonds mondial et des informateurs clés de différents groupes de parties prenantes dans les pays.

L’analyse de la situation était axée sur le paludisme et la tuberculose et ne visait pas le VIH.

Les auteurs de la recherche indiquent qu’il existe plusieurs interventions normalisées de lutte contre les maladies dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui ont fait leurs preuves, comme la distribution à grande échelle de moustiquaires imprégnées d’insecticide et le traitement ambulatoire de la tuberculose. Toutefois, toujours d’après eux, pour que leur mise en œuvre s’avère efficace, ces interventions doivent être adaptées aux contextes spécifiques, et c’est là qu’entre en jeu la recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre.

Le Fonds mondial a commencé à promouvoir l’inclusion de ce type de recherche dans les programmes qu’il soutient en 2008, époque à laquelle ont été mis au point des documents et outils d’orientation. Par la suite, cependant, selon les chercheurs, l’attention prêtée à cette recherche s’est estompée et, à l’heure actuelle, la mesure dans laquelle les pays demandent un soutien au Fonds mondial en la matière « demeure peu claire ».

Dans le cadre du nouveau modèle de financement, le Fonds mondial a fourni des directives sur les interventions prioritaires ayant fait leurs preuves qui peuvent bénéficier d’un soutien dans son manuel du candidat. Toutefois, disent les chercheurs, le manuel fait à peine référence à la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre – ou au rôle que la recherche peut jouer face à des problèmes de mise en œuvre propres au contexte.

Les chercheurs affirment avoir observé des différences considérables d’un pays à l’autre et entre les programmes en termes de besoin, de demande, de capacité d’absorption et de financement pour la recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre. Bien que ce type de recherche soit mentionné dans plus de 90 pour cent des 49 propositions de subvention examinées dans le cadre de cette étude, la plupart des références concernaient des études épidémiologiques et comportementales, ajoutent-ils. Un tiers des références sont trop vastes pour pouvoir être catégorisées. Il n’est du reste qu’une seule fois fait mention d’un programme national de recherche.

Les efforts de diffusion des résultats de la recherche sont généralement faibles, d’après les auteurs, et le Fonds mondial ne tient pas de base de données centrale sur la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre.

L’étude identifie les obstacles perçus empêchant de solliciter un financement pour la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre. Il s’agit notamment du financement total limité, de l’absence d’un programme de recherche bien défini, du manque de capacités de recherche et de la participation limitée du milieu universitaire lors de la mise au point de la note conceptuelle.

Des informateurs clés ont fait savoir aux auteurs de l’étude que les parties prenantes ne savent souvent pas très bien si le Fonds mondial désire réellement financer la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre. De plus, l’étude constate que l’inclusion de la recherche dans les propositions et dans les budgets n’est en général pas activement promue par le Fonds mondial.

Les informateurs clés interrogés dans le cadre de cette étude s’entendent de manière générale pour dire que réserver un pourcentage du budget pour la recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre n’est pas une solution. Néanmoins, disent-ils, une plus grande souplesse budgétaire encouragerait les pays à inclure davantage de recherche dans leurs demandes. Par exemple, il a été suggéré à plusieurs reprises qu’un montant approprié devrait être réservé dans le budget afin de couvrir les besoins émergents de recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre, ce qui éliminerait la nécessité de procéder à des réaffectations formelles du budget.

Recommandations

Les auteurs de l’analyse émettent plusieurs recommandations à l’intention du Secrétariat du Fonds mondial, des partenaires techniques et des pays. Voici ce qu’ils recommandent en ce qui concerne le Secrétariat :

  • que le Fonds mondial fournisse des orientations spécifiques sur l’inclusion de la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre dans les demandes de financement et les budgets des subventions ;
  • que le Fonds mondial offre la flexibilité nécessaire pour financer les études à petite échelle en matière de recherche opérationnelle et sur la mise en œuvre identifiées après la signature de la subvention ; et
  • que le Fonds mondial établisse un inventaire des études liées à la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre qu’il soutient.

Les chercheurs recommandent également que les partenaires techniques promeuvent et soutiennent activement l’inclusion de la recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre dans les stratégies de santé des pays, dans les plans de développement stratégique et dans les documents d’orientation.

Enfin, les auteurs recommandent aux pays :

  • d’accroître la sensibilisation à l’importance de la recherche opérationnelle et de la recherche sur la mise en œuvre dans le cadre des efforts nationaux de lutte contre les maladies ;
  • d’inclure davantage de recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre dans leurs demandes de financement ;
  • de renforcer leurs capacités à coordonner la recherche, d’élaborer des programmes de recherche et de planifier, mener et superviser des activités de recherche opérationnelle/sur la mise en œuvre ; et
  • de diffuser les résultats de ces recherches auprès des parties prenantes concernées afin d’influer sur les politiques et d’améliorer les résultats des programmes.

Les auteurs de l’étude s’attendent à ce que le Fonds mondial publie des orientations plus spécifiques sur les conditions dans lesquelles il soutient la recherche opérationnelle et la recherche sur la mise en œuvre.


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