Les populations transgenres sont défavorisées dans la lutte contre le VIH, selon un rapport

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22 Feb 2016
Sur plus de 130 instances de coordination nationale, seules 17 ont des représentants des populations transgenres

Les transgenres sont les populations les plus touchées par le VIH mais sont pourtant largement exclus des processus de décision en matière de programmes, de politiques et de financements.

C’est la conclusion d’un rapport publié début février, intitulé « Les plus touchés sont les plus exclus ». Ce rapport a été effectué par IRGT, un réseau mondial de femmes transgenres, avec le soutien de MSMGF, le forum mondial sur les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.

L’auteur du rapport a étudié toute la littérature disponible concernant les populations transgenres et mené douze entretiens entre octobre et décembre 2015 auprès d’informateurs clés, des activistes, des représentantes de la société civile, des responsables du Fonds mondial et des donateurs.

Les populations transgenres sont beaucoup plus susceptibles d’être victimes de stigmatisation, de discrimination et font l’objet de lois répressives dans de nombreux pays.

D’après le rapport, certaines initiatives rencontrent plus de succès que les autres, comme l’initiative Pehchan en Inde, le réseau transgenre Asie-Pacifique, REDLACTRANS en Amérique Latine et dans les Caraïbes ou encore l’IRGT.

Mais globalement, peu de données et de recherches existent sur ces populations et le rapport vise à combler ces lacunes.

L’examen systématique et l’analyse d’études publiées entre 2000 et 2011 montre qu’il y a une prévalence VIH de 19,1% parmi les femmes transgenres, ce qui les rend 49 fois plus vulnérables à la maladie que la population générale. A noter cependant qu’aucune donnée n’a pu être collectée en Afrique subsaharienne, région justement touchée par des épidémies généralisées.

Selon le rapport, en 2014, seuls 39% des pays incluaient les populations transgenres dans leur plan national stratégique.

Depuis 2009, le Fonds mondial a intégré, au niveau des pays, des politiques pour augmenter l’implication des populations clés (qui comprennent les populations transgenres) dans les processus de financement et les politiques.

Pourtant, la participation des personnes transgenres demeure faible. En 2015, seulement 21 individus (tous en Asie et en Amérique latine) se présentant comme transgenres étaient membres de 17 instances de coordination nationale sur un total de 140.

Parmi les raisons invoquées, le fait que les organisations de la société civile n’osent pas soulever des problèmes avec les récipiendaires principaux et les membres de l’ICN de crainte que cela porte préjudice à leurs relations, le fait que les processus de sélection des représentants soient rarement transparents ou encore que les représentants des populations clés aient trop de casquettes différentes (Travailleurs du sexe, usagers de la drogue, etc).

L’auteur du rapport estime que pour les pays à revenu moyen qui ne bénéficient plus du soutien du Fonds mondial, le risque est grand de voir les programmes à destination des populations clés perdre leur financement, particulièrement là où les lois sont répressives contre les populations transgenres.

Si le rapport reconnaît les progrès effectués en Asie et en Amérique Latine, il pointe du doigt le fait que ces progrès demeurent fragiles, notamment dans les pays en transition. Des recommandations incluent notamment le renforcement de la collecte de données plus précises, des capacités des activistes transgenres et leur inclusion dans les processus de décision du Fonds mondial.


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