Le VIH se propage en Asie, y compris dans les pays « à fort impact »

4. NEWS
18 Feb 2014
L'absence de progrès soulève des questions concernant le ciblage des actions contre le VIH

Dans un rapport spécial (PDF – 1.7 Mo) publié en novembre dernier, l'ONUSIDA avertit d'un risque de stagnation des progrès visant à enrayer la propagation du VIH dans la région Asie-Pacifique et recommande une meilleure optimisation ainsi qu'une affectation plus stratégique des ressources dans le cadre du cofinancement intérieur et extérieur des activités de prévention, de traitement et de soins.

Sans une augmentation rapide et soutenue des montants consacrés aux programmes de lutte contre le VIH dans les budgets nationaux et une meilleure affectation des ressources − particulièrement dans les activités de prévention − vers les principales populations affectées, les progrès accomplis, notamment la diminution de 26 % du nombre de nouvelles infections depuis 2001, pourraient être compromis.

Avec environ 350 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2012, le nombre total de personnes vivant avec le VIH dans les 38 pays de la région a atteint 4,9 millions. Deux de ces pays, le Pakistan et les Philippines, ont été classés par le Fonds mondial dans les pays « à fort impact ». Le nombre des nouvelles infections à VIH augmente également en Indonésie, un autre un pays à fort impact.

Selon le rapport, l'augmentation du nombre des nouvelles infections est principalement due à des épidémies très concentrées dans les populations clés et dans les milieux urbains, ainsi qu'à un niveau de connaissance extrêmement bas dans ces populations concernant le dépistage et le diagnostic. La stigmatisation au niveau institutionnel, qui se manifeste par une législation discriminatoire, a également été citée comme étant une cause de cette augmentation.

C'est dans le domaine de la prévention que les lacunes concernant la prestation de services et les activités à destination des groupes vulnérables se font le plus sentir. D'après le rapport, « seule une couverture d'au moins 80% des programmes de prévention dans les populations clés pourra avoir un effet significatif sur les comportements et le nombre de nouvelles infections ».

Les investissements dans des programmes destinés aux groupes à risque n'ont pas été à la hauteur de la propagation rapide du virus, indique le rapport. Bien que la région compte potentiellement 27 millions d'hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) et qui sont de ce fait exposés au risque d'infection, les financements consacrés à des services de prévention du VIH ciblant spécifiquement cette population sont très faibles.

L'augmentation générale des taux d'infection en Indonésie, au Pakistan, aux Philippines et au Bangladesh, est liée à l'augmentation de ces taux chez les HSH et les consommateurs de drogues injectables. Pourtant, les programmes de réduction des risques, d'échange de seringues et de substitution des opioïdes sont rares.

L'ONUSIDA recommande la mise en œuvre de programmes s'appuyant sur les communautés comme étant la meilleure approche pour répondre aux besoins spécifiques des groupes davantage exposés au risque d'infection par le VIH. Avec une approche basée sur les communautés plutôt que sur des établissements de soins, qui se concentre spécifiquement sur des populations clés et des régions géographiques à forte prévalence, les initiatives mises en place ont plus de chances d'avoir un impact important, indique l'ONUSIDA.

Les programmes financés par le Fonds mondial, qui mettent en pratique une approche communautaire de la prestation de services, y compris pour la dispensation de traitements antirétroviraux et les activités de prévention, ont connu un succès considérable et touché près de 10 millions de personnes, ce qui dénote la nécessité de mettre en pratique ces approches à plus grande échelle.

Les chiffres relevés dans le Rapport 2012 sur les résultats du Fonds mondial indiquent qu'en 2011, 560 000 personnes en Asie bénéficiaient d'un traitement antirétroviral payé au moins en partie par une subvention du Fonds mondial. Des subventions ont également été utilisées pour soutenir le financement de 60 millions de séances de conseil sur le VIH dans l'ensemble de la région.

Quelques faiblesses ont toutefois été observées dans la mise en œuvre des programmes subventionnés.

Une subvention accordée pour lutter contre le VIH en Asie du Sud a dû subir de profonds changements pour être reconduite en phase 2 après des résultats médiocres en phase 1.

Le Programme régional de lutte contre le VIH en Asie du Sud, qui couvre l'Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, l'Inde, les Maldives, le Népal, le Pakistan et le Sri Lanka, vise à réduire l'impact du VIH sur les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes et les personnes transgenres.

Bien que la collecte et l'analyse des données soient extrêmement limitées en raison de la forte stigmatisation, de la discrimination et de l'exclusion sociale auxquelles cette population est confrontée, la région comptait environ 4 millions d'HSH en 2010 selon les estimations.

Des stratégies programmatiques accordant moins d'importance à la prestation de services au profit d'activités ciblées à fort impact telles que le renforcement des capacités et le dialogue sur les mesures à prendre concernant les populations clés, ont été élaborées par un nouveau récipiendaire principal, le Centre pour la région Asie-Pacifique du Programme de développement des Nations Unies, pour lequel une subvention de 10 millions de dollars a été approuvée.

*Voir l’article original en anglais. See the original article in English.

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