Le TERG loue les principes et les objectifs de la stratégie actuelle mais identifie plusieurs aspects à améliorer

3. ARTICLES COURTS
18 Nov 2015
"L’Examen Stratégique 2015" rendu public

La Stratégie du Fonds mondial 2012-2016 demeure aussi valide que lorsqu’elle a été élaborée en 2011 et les mêmes principes et directions doivent continuer à guider le Fonds mondial ces prochaines années. C’est la conclusion principale de l’Examen Stratégique 2015 mené par le Groupe technique de référence en évaluation. Un rapport de cet examen a été fourni au Conseil d’administration durant la réunion des 16 et 17 novembre.

Malgré cette évaluation positive le TERG a pointé du doigt la nécessité d’améliorer certains aspects. Voir la liste ci-dessous :

DIFFERENCIATION. Le TERG estime que si des progrès ont été accomplis dans la manière dont le Fonds mondial fonctione – notamment dans l’augmentation des allocations pour les pays à fort impact – ces progrès sont entravés par l’application continue de ce qu’il nomme « politiques et procédures indifférenciées », c’est-à-dire le fait d’avoir les mêmes politiques et procédures pour tous les pays, indépendamment des risques ou de la taille des portefeuilles. Le TERG affirme que ces politiques et procédures créent des coûts transactionnels additionnels pour les équipes-pays du Secrétariat et pour les pays eux-mêmes.

DROITS DE L’HOMME ET GENRE. Selon le TERG, le Secrétariat a joué un rôle crucial en mettant l’accent sur les populations-clés et les approches basées sur les droits humains mais ces efforts ne se sont pas encore traduits totalement dans les programmes au niveau des pays. Le TERG note que l’analyse du genre « demeure très faible ». Il ajoute que l’analyse du genre dans les notes conceptuelles est « souvent réduite à examiner comment les épidémies ont un impact différent sur les femmes et les hommes au lieu d’examnier les facteurs culturels et sociaux qui rendent les femmes (ou les hommes) plus ou moins vulnérables à chaque épidémie. »

LES INDICATEURS CLES DE PERFORMANCE. Malgré de nombreuses mesures mises en œuvre par le Fonds pour surveiller et améliorer sa performance, des préoccupations ont été exprimées concernant la valeur de la série actuelle des ICP. (voir notre article sur les ICP).

Le TERG affirme que les ICP sont cruciaux pour que le Secrétariat puisse démontrer ses résultats mais que de nombreux problèmes techniques doivent être résolus concernant les ICP utilisés actuellement. De plus, une compréhension des changements dans un ICP est liée à une bonne appréhension du contexte. « Lorsque les ICP sont censés être utilisés par le Conseil comme par la direction, des problèmes surgissent lorsque les membres du Conseil n’ont pas le même niveau de compréhension du contexte (que la direction). »

PRIMES INCITATIVES ET LE REGISTRE DES DEMANDES DE QUALITE NON FINANCEES. Dans le cadre du nouveau modèle de financement, le TERG estime que les allocations initiales aux pays basées sur le PIB par habitant et sur la charge de morbidité ont permis de mieux cibler les investissements dans les pays à plus fort impact. Le TERG affirme également que l’objectif d’augmenter la prédictabilité et la flexibilité des allocations a été largement rempli et a été salué par les pays maîtres d’œuvre et les partenaires. Cependant, l’introduction « des primes incitatives et du registre des demandes de qualité non financées a connu moins de succès ».

Les primes incitatives avaient pour but de motiver les pays à soumettre des requêtes plus ambitieuses. Le TERG affirme que selon les pays parties prenantes et le Comité de révision technique ces primes ont entraîné des coûts additionnels. Le TERG recommande que ces primes incitatives soient transformées en financement récompensant la performance.

De même, les registres des demandes de qualité non financées n’ont qu’un effet limité puisque « le Fonds lui même n’a pas de fonds suffisants pour investir dans des activités supplémentaires et il y a peu de chance que d’autres bailleurs puissent combler ce manque ».

APPROPRIATION NATIONALE. Les processus du Fonds mondial ne semblent pas totalement alignés sur les processus nationaux. Dans certains cas, il apparaît que ce soit même le cas inverse. « Certains pays semblent avoir été influencés par les exigences du NMF et ont révisé leurs plans stratégiques nationaux avant l’élaboration de la note conceptuelle pour les harmoniser avec les exigences du Fonds mondial ». De plus, seul un petit nombre de pays ont proposé que les subventions soient gérées par les systèmes de santé nationaux ou que les subventions puissent progresser vers une intégration dans une structure de coordination nationale.

VIABILITE ET TRANSITIONS. La planification de la viabilité et de la transition demeure encore peu opérationnelle dans beaucoup de pays. Le TERG recommande au Fonds mondial d’élargir le concept de viabilité au-delà des préoccupations autour de la transition. Il recommande également que le Secrétariat mette l’accent sur un soutien à ces pays.

IMPACT SUR LES MALADIES. L’examen stratégique 2015 s’est également penché sur l’impact qu’a eu le Fonds mondial sur les trois maladies ces 10-14 dernières années. Une analyse a été faite dans 27 pays cibles du TERG : Bangladesh, Cambodge, Chine, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, Ethiopie, Ghana, Haiti, Inde, Indonésie, Kenya, Malawi, Mozambique, Myanmar, Nigeria, Pakistan, Philippines, Rwanda, Afrique du Sud, Soudan, Tanzanie, Thailande, Ouganda, Ukraine, Viêtnam, Zambie et Zimbabwe.

Le TERG conclut qu’il y a eu un impact significatif et que le niveau de financement y est pour beaucoup. Le TERG souligne un déclin global de l’incidence et de la mortalité entre 2000 et 2013 dans ces 27 pays. De plus, un plus grand nombre de vies sauvées a été observé pendant cette période sur les trois maladies. 

AUTRES. Les autres résultats de l’évaluation comprennent : 

  • L’établissement de partenariats formels au niveau mondial a renforcé la coordination au niveau du soutien technique et amélioré les dispositions des soutiens techniques à court-terme mais « plus d’efforts doivent être fournis pour garantir que ces accords fonctionnent concrètement au niveau des pays et qu’il y ait un engagement systématique par les partenaires dans le pays pour améliorer la mise en œuvre des programmes et leur viabilité».
  • Un soutien insuffisant à la mobilisation des ressources auprès du secteur privé et à la manière de garantir que les contributions des ONG soient durables.
  • Un soutien plus fort est requis dans les pays qui sont en transition d’un groupe de revenus à un autre et la nécessité de les encourager à combler leurs propres manques financiers
  • Les lacunes dans les données sur les dépenses financières dans de nombreux pays rend difficile l’identification des fonds dans les programmes nationaux.  
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Le TERG a présenté plusieurs recommandations pour la nouvelle stratégie fondées sur les résultats de l’Examen Stratégique 2015. Elles incluent :

  • Maintenir le cap : poursuivre les objectifs et les directions stratégiques actuels sans changement majeur.
  • Laisser les pays prendre l’initiative : Donner la priorité à l’appropriation nationale du processus.
  • Utiliser des approches différenciées selon les contextes pour réduire les coûts pour les pays et le Secrétariat.
  • Saisir les opportunités pour faire progresser les droits de l’homme et l’égalité des genres
  • Adhérer à la couverture santé universelle : promouvoir des investissements dans les systèmes de santé intégrés pour renforcer la contribution du Fonds mondial aux priorités de la couverture universelle
  • Investir dans l’amélioration des données de qualité

Le Conseil a pris connaissance des résultats et des recommandations de l’Examen Stratégique 2015 ; a demandé au Secrétariat de fournir une réponse aux recommandations du TERG ; et a demandé au Secrétariat de tenir compte de celles-ci dans la préparation de la Stratégie finale.

L’examen stratégique 2015, Document du Conseil d’administration est disponible sur www.theglobalfund.org/en/board/meetings/34


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