Le Réseau des plaideurs du Fonds mondial publie une nouvelle note conceptuelle sur le plaidoyer en faveur du financement durable de la santé

3. RAPPORT
5 Sep 2019
Un « cadre unifié » vise des approches convergentes à tous les niveaux du secteur de la santé

Un nouveau rapport du Réseau des plaideurs du Fonds mondial (GFAN) propose une approche large du plaidoyer concernant les priorités de financement de tous les problèmes sanitaires liés aux objectifs de développement durable (ODD), ayant pour point de départ l’interdépendance des objectifs liés à la santé et au développement au sein des ODD.

Au cœur de la note conceptuelle, un « cadre unifié de plaidoyer en faveur du financement durable de la santé », qui englobe le plaidoyer en faveur de différentes priorités sanitaires et dans différents contextes de financement de la santé.

Le « cadre unifié »

Le cadre unifié a pour objet de traiter les buts spécifiques de l’objectif de développement durable numéro 3 – l’ODD relatif à la santé, qui vise à garantir la bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges – tels que l’éradication des épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme, tout en englobant et coordonnant divers objectifs et priorités sanitaires de cet ODD, notamment la couverture sanitaire universelle, l’accessibilité physique et financière des médicaments essentiels, l’accès aux services de santé sexuelle et génésique, l’accès aux interventions de réduction des risques, la mobilisation des ressources nationales et d’autres questions globales qui ont une incidence sur chacune de ces problématiques, telles que la pauvreté, l’égalité entre les genres, la justice et les droits humains.

Reconnaissant l’interdépendance entre les cibles de l’ODD3, le rapport rappelle qu’aux côtés des gouvernements, un éventail d’organismes et organisations collaborent en vue de réaliser les nombreuses cibles, souvent en adoptant des stratégies complémentaires et des priorités se chevauchant. Le cadre unifié vise à aider les plaideurs de la santé mondiale à aligner leurs efforts, comprendre les liens et les synergies entre leur travail et à éviter de succomber au cloisonnement du travail.

Le rapport expose par ailleurs les contextes de financement de la santé, présentant tout d’abord un résumé du montant requis pour réaliser les objectifs de développement durable dans les pays à revenu et faible et intermédiaire (371 milliards de dollars par an selon les estimations), un résumé de la part des financements nationaux dans les investissements actuels dans la santé (la plus grande partie), et mettant l’accent sur la nécessité de mobiliser des financements accrus et améliorés en faveur de la santé, et plaidant en faveur de la couverture sanitaire universelle.

Quelques tableaux utiles mettent en évidence les pays présentant une charge élevée de morbidité de maladies évitables et leurs besoins en termes de services de santé de meilleure qualité (Tableau 2), les indicateurs économiques et de financement de la santé qui déterminent les cibles de plaidoyer (Tableau 3), et les types d’environnement politique qui donnent forme au plaidoyer, groupant les pays en quatre types différents (Tableau 4).

Soutenir le plaidoyer en soi

Une section sur les priorités d’investissement dans le plaidoyer en faveur du financement durable de la santé avance que ce plaidoyer lui-même a cruellement besoin d’un appui plus large et d’un financement accru. La note conceptuelle propose trois priorités d’investissement dans le plaidoyer : l’investissement dans les personnes – analystes et stratèges en matière de financement de la santé, plaideurs du financement de la santé, militants et organisateurs, prestataires de santé et consommateurs – ainsi que l’investissement dans les structures de plaidoyer et les ressources, ainsi que dans le soutien au plaidoyer international. La note conceptuelle fait valoir que l’impact potentiel d’un plaidoyer efficace en faveur du financement durable de la santé (97 millions de morts prématurées évitées) est bien supérieur au coût financier des ressources nécessaires.

Le GFAN a expliqué à l’OFM qu’une des raisons derrière l’élaboration de ce document est le manque de financement consacré spécifiquement au plaidoyer dans les pays soutenus par le Fonds mondial. Bien qu’il ait pour objectif premier de situer le plaidoyer dans le domaine du sida, de la tuberculose et du paludisme dans le contexte plus large du plaidoyer en matière de santé, ce document comporte un objectif secondaire, à savoir défendre l’investissement dans le plaidoyer lui-même, en particulier dans les contextes de mise en œuvre. Selon le GFAN, il est nécessaire de reconnaître de manière plus large que le plaidoyer en faveur d’un financement adéquat de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (en mettant l’accent sur la programmation et les services qui ont le plus d’impact) est cruellement sous-financé. En tant que communauté mondiale, ajoute le GFAN, « nous risquons de perdre les gains réalisés s’ils ne s’accompagnent d’efforts en vue d’appuyer le plaidoyer communautaire et de la société civile ».

Point de départ de la note conceptuelle

De même que le Fonds mondial a continué d’élargir l’étendue des questions et thèmes dans lesquels il se situe, le GFAN a lui aussi élargi son approche du plaidoyer lié au Fonds mondial. Si l’axe principal du travail du GFAN demeure le plaidoyer en faveur d’un Fonds mondial pleinement financé – dans l’avenir immédiat pour la sixième reconstitution des ressources, qui vise au moins 14 milliards de dollars pour financer le prochain cycle de subventions du Fonds, mais pour laquelle le GFAN appelle à mobiliser 18 milliards – le Réseau estime qu’il reste des questions plus larges sur la manière dont le Fonds mondial mobilise les ressources nécessaires pour son propre travail (et ses résultats ciblés) dans le contexte du mouvement grandissant en faveur de la couverture sanitaire universelle, assortie de son propre ensemble de résultats, plus large, en matière de renforcement des systèmes de santé et de caractère inclusif des services, lesquels sont à leur tour liés aux cibles des objectifs de développement durable.

Début 2018, le GFAN avait commandité un document initial résumant la littérature existante sur les différents types de plaidoyer et les réussites et difficultés associées. Pour cette note conceptuelle, qui se veut complémentaire, le GFAN et le Mécanisme de participation de la société civile (MPSC) en faveur de l’objectif de couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030 ont lancé un appel conjoint à veiller à ce que les consultations ne se limitent pas aux circonscriptions des membres du GFAN, des partenaires et des secteurs de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Le document a ensuite été développé plus avant par le GFAN et un auteur principal, Sam Avrett.

Utilisation visée et prochaines étapes

Bien qu’il reconnaisse que ce rapport (ni aucun autre rapport isolé) ne résoudra pas à lui seul les problèmes complexes liés au cloisonnement du travail, le GFAN affirme qu’il se sert du rapport pour élargir sa portée au-delà de ses adhérents habituels, et notamment pour faire participer les acteurs de la couverture sanitaire universelle.

Ce faisant, le GFAN espère stimuler le dialogue entre plaideurs autour des approches de plaidoyer décrites dans la note conceptuelle, et promouvoir la mobilisation de ressources accrues, dans le but de développer des efforts convergents dans les divers domaines du plaidoyer en faveur de la santé, couvrant le VIH, la tuberculose, le paludisme, la santé sexuelle et génésique, la réduction des risques, la couverture sanitaire universelle, entre autres aspects, de développer des efforts convergents également au niveau du plaidoyer en matière de financement et de mettre au point de nouveaux partenariats et de nouvelles initiatives de formation, d’appui technique et de financement.

Autres ressources :

-      Note conceptuelle sur le plaidoyer en faveur du financement durable de la santé publiée en juillet 2019 par le GFAN

-          Rapport de recherche de 2018 du GFAN, intitulé Effective Civil Society-led Strategies for Increasing Domestic Resource Mobilization for AIDS, TB and Malaria in Low- and Middle-Income Countries’ (stratégies efficaces de la société civile pour accroître la mobilisation de ressources nationales en faveur de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dans les pays à revenu faible et intermédiaire)​

-      Page Web des Nations Unies sur l’objectif de développement durable numéro 3

 


Share |

Laissez un commentaire

Leave a comment