Le nouveau financement VIH/TB pour l’Afrique du Sud sera mis en oeuvre par huit récipiendaires principaux

25 Apr 2016
L’accent est mis sur les populations clés et les interventions à fort impact

Le 5 avril dernier, l’OFM (version anglaise) expliquait que 630 millions de dollars ont été approuvés par le Conseil d’administration en mars. Dans cet article, nous vous offrons le détail de cette allocation à l’Afrique du Sud. (Pour plus d’informations sur les allocations aux autres pays, lisez notre article en anglais ici).

L’Afrique du Sud s’est vu attribuer 314,5 millions de dollars de subventions VIH/TB qui seront mises en oeuvre par huit récipiendaires principaux. Le Conseil a approuvé le montant fondé sur les recommandations du Comité d’Approbations des Subventions (CAS). Sur le montant total approuvé, 49,8 millions de dollars est une allocation de financement d’encouragement.

Les objectifs de ce programme, comme ils sont décrits dans le Plan national stratégique actuel sont :

  • Réduire les nouvelles contaminations de VIH d’au moins 50% en utilisant des approches de prévention combinée,
  • Mettre au moins 80 % des patients éligibles sous ART avec 70% d’entre eux vivant et sous traitement 5 ans après le début du traitement,
  • Réduire de moitié le nombre de nouvelles contaminations et de décès dûs à la TB,
  • Garantir un cadre juridique favorable et accessible qui protège et promeuve les droits de l’homme afin de soutenir la mise en oeuvre du plan national stratégique, et
  • Réduire de 50% au moins les cas de stigmatisation liés au VIH et à la TB

L’Afrique du Sud est le pays dont l’épidémie de VIH croît le plus rapidement au monde. 6,8 millions de personnes vivent avec le VIH et il y a 400 000 nouvelles contaminations chaque année selon l’étude sur les ménages du Human Sciences Research Council. L’Afrique du Sud a la quatrième plus forte charge de morbidité liée à la TB au monde (après l’Inde, la Chine et l’Indonésie) et le plus grand nombre de personnes co-infectées par la TB et le VIH au monde.

Le financement du Fonds mondial ne représente qu’une faible proportion des dépenses totales TB et VIH en Afrique du Sud, environ 5%. La majorité de la lutte au niveau national est financée par le gouvernement.

Les activités dans le cadre des nouvelles subventions attribuées par le Fonds mondial se concentreront sur les populations clés, les interventions à fort impact, ce qui comprendra un programme complet de services intégrés pour les jeunes femmes et les filles, les travailleurs du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, les populations transgenres, les usagers de la drogue par injection, les prisonniers, et les personnes vivant dans les habitants informels et les communautés des zones minières. De plus, les activités seront mises en œuvre pour résoudre les fragilités structurelles et environnementales et les obstacles pour accéder aux soins, telles que la violence faite contre les femmes et la stigmatisation. Enfin, le programme mettra l’accent sur le renforcement des communautés et des systèmes de santé pour renforcer les capacités de la société civile, promouvoir l’adhérence au traitement et intégrer la gestion des données et les systèmes d’information.

Approches innovantes

Dans le cadre de la subvention, l’Afrique du Sud pilotera des approches innovantes. Deux récipiendaires principaux permettront à 30 000 jeunes femmes âgées entre 19 et 24 ans de participer à un programme de transfert de liquidités appelé « cash plus care » (argent et soins). Le transfert d’argent est basé sur des encouragements à adopter un comportement favorisant la santé et réduisant les risques de contamination du VIH. L’élément « soin » signifie faire la liaison entre les jeunes femmes éligibles aux services de santé appropriés ainsi que de faire le lien entre les jeunes femmes et leurs familles avec une couverture sociale telle que les bourses de santé gouvernementales. Combiner les transferts de liquidité avec des composantes santé se révèle plus efficace dans la réduction de l’incidence VIH que les programmes qui n’offrent que des liquidités.

Le financement incluera également des programmes fondés sur des mécanismes de financement innovants. Avec cet investissement initial du Fonds mondial, un contrat d’impact social sera mis en place pour la prévention contre le VIH parmi les travailleurs du sexe. Ces contracts sont des accords contractuels où les donateurs ne paient que pour des résultats qui ont fait l’object d’un consensus. Ce modèle fournit un fonds de roulement initial pour les prestataires de services et promeut la responsabilisation.

L’objectif des contacts d’impact social est de susciter des contributions supplémentaires au niveau national et d’autres sources pour compléter l’investissement initial du gouvernement dans la lutte contre le VIH et les programmes de prévention pour les travailleurs du sexe et leurs clients. En mars 2016, l’Afrique du Sud a lancé un plan sans précédent, le plan national des travailleurs du sexe pour 2016-2019. Ce plan prévoit de fournir immédiatement un traitement antirétroviral à tous les travailleurs du sexe avec le VIH, quelque soit leur compte CD4 (une démarche nommée « tester et soigner »). De plus, 3000 travailleurs du sexe séronégatifs seront autorisés à prendre un médicament antirétroviral, Truvada, dans le cadre d’une prophylaxie pré-exposition.

Les transferts de liquidités et les contrats d’impact social font partie de l’allocation de financement d’encouragement de l’Afrique du Sud. Un élargissement de ces activités dépendra de la mise en place d’une recherche opérationnelle pour garantir l’efficacité, documenter les leçons apprises et évaluer l’impact des innovations proposées.

Le CAS a également salué le projet sud-africain d’élargir le programme de TB-MR à travers un modèle décentralisé. Le programme appuiera le travail des officiers de liaison qui opèrent au niveau communautaire pour améliorer la surveillance TB et mettre les patients atteints de TB-MR en lien avec les soins. L’Afrique du Sud continuera à développer des formations de soins TB-MR aux infirmières et à garantir que des infirmières sont capables de fournir ces services.

Selon le docteur Nevliene Slingers, directeur exécutif de la coordination des donateurs au conseil sud africain sur le SIDA, « la subvention du Fonds mondial va continuer à servir de catalyseur pour le programme national contre la TB en aidant à financer des priorités déjà identifiées et en aidant à prévoir des services TB en se fondant sur les leçons apprises. »

Les huit récipiendaires principaux qui seront chargés de la mise en œuvre sont : le département national de la santé, Right to Care, le Networking HIV/AIDS Community of South Africa; le Soul City Institute for Health and Development Communication; le Western Cape Department of Health; le Trésor du KwaZulu-Natal; Kheth'Impilo; et la Fondation SIDA de l’Afrique du Sud.  

Les trois derniers récipiendaires cités sont nouveaux. L’équipe pays du Fonds mondial pour l’Afrique du Sud fera une vérification appropriée pour assurer que les critères minimaux sont remplis avant que la subvention ne soit signée et que les systèmes fonctionnent à un niveau satisfaisant avant le premier décaissement. Durant les six premiers mois de la mise en œuvre, des efforts seront fournis par tous les paretnaires, l’équipe pays du Fonds mondial, l’agent local du Fonds et le Secrétariat de l’ICN, pour garantir que ces nouveaux récipiendaires principaux soient soutenus pour mettre en œuvre les programmes aussi rapidement et efficacement que possible.

Les informations de cet article sont issues du rapport de mars 2016 du Secrétariat du Comité d’Approbations des Subventions (GF-B34-ER12-EDP16-17). Ce document n’est pas disponible sur le site web du Fonds mondial.

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