Le Fonds mondial annonce que ses programmes ont sauvé 17 millions de vies

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24 Sep 2015
Ce chiffre est le double de celui qui a été annoncé en juillet 2012

Les programmes subventionnés par le Fonds mondial ont sauvé 17 millions de vies jusqu’à la fin 2014 selon le rapport d’activités 2015 publié par le Fonds le 21 septembre dernier. Le Fonds affirme être en bonne voie pour atteindre 22 millions de vie sauvées d’ici décembre 2016, date correspondant à la fin de la période de reconstitution des ressources (voir le graphique).

C’est la première fois depuis juillet 2012 que le Fonds mondial inclut le chiffre de vies sauvées dans l’annonce de ses résultats. A l’époque, le Fonds estimait qu’à travers les programmes qu’il soutenait, 8,7 millions de vies avaient été sauvées. Depuis, le Fonds a affiné sa méthodologie pour arriver à une meilleure estimation.

Dans un question/réponse accompagnant le rapport, le Fonds mondial lie cette augmentation à une meilleure collecte des données et une méthodologie améliorée grâce aux avancées scientifiques, aux solutions innovantes et à un soutien élargi.

Le rapport ajoute que grâce aux programmes financés par le Fonds mondial, 8,1 millions de personnes sont désormais sous traitement antirétroviraux (une augmentation de 22% par rapport aux années précédentes selon un communiqué publié sur le site du Fonds mondial) ; 13,2 millions de personnes reçoivent un traitement antituberculeux (une augmentation de 11%) et 548 millions de moustiquaires ont été distribuées.

Ce rapport est un outil stratégique pour le Fonds et sa publication correspond au lancement de sa campagne de reconstitution des ressources pour 2017-2019.

Source: Results Report 2015, Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria

« Les progrès en termes de santé au niveau mondial ont un impact sur les communautés bien au-delà de ce que les chiffres avancent», a affirmé Mark Dybul, le directeur exécutif du Fonds mondial. « L’augmentation des personnes ayant accès aux soins signifie que les parents peuvent prendre en charge leurs enfants et être des membres actifs de leur communauté. Moins d’infections signifie aussi que les centres de santé peuvent se concentrer sur d’autres maladies ».

 

Les résultats pour la période allant jusqu’à fin 2014 sont différents de ceux que le Fonds avait initialement publié pour 2014. (Le Fonds a publié les résultats de 2014 le 30 novembre 2014, la veille de la journée mondiale contre le SIDA, lire ici). Le Fonds affirmait notamment que 7,3 millions de personnes étaient sous traitement antirétroviraux, 12,3 millions de personnes sous traitement anti-tuberculeux et 450 millions de moustiquaires distribuées.

Selon le Secrétariat, ces différences sont dues à un décalage de six mois dans la collecte des données. Les résultats annoncés le 1er décembre 2014 étaient fondés sur des données de juillet 2014, car l’analyse des données provenant de sources très variées prend plusieurs mois durant lesquels les partenaires du Fonds déterminent ce qui est valide ou non.

Lorsque le Fonds mondial a publié ses résultats semestriels en juillet 2015, il s’agissait en réalité des résultats de la fin 2014. Ces chiffres publiés en juillet 2015 étaient ceux du rapport de 2015 publié le 21 septembre dernier.  

Ces dernières années, le Fonds a entrepris une révision de sa méthologie pour calculer le nombre de vies sauvées. Dans le rapport de résultats, le Fonds annonce qu’il utilise une méthologie améliorée « cadrant mieux avec les méthodes utilisées par les partenaires ». Comme par le passé, cette méthologie utilise des modèles analysant les données brutes. Ces modèles produisent des estimations sophistiquées et non des chiffres scientifiquement exacts. Selon le Fonds, un groupe d’experts techniques indépendants a confirmé la crédibilité de ce système de modélisation et d’estimations utilisé par le Fonds.

La méthodologie s’est améliorée car l’impact de toutes les interventions contre la tuberculose et le paludisme ont été incluses alors qu’avant, le calcul de l’impact était limité aux moustiquaires et aux soins antituberculeux. « Cela nous amène à une estimation plus précise du nombre de vies sauvées par rapport à ce qui était publié dans les rapports précédents », affirme le Fonds.

Le Fonds mondial continue à travailler avec ses partenaires pour améliorer la méthodologie qui prendra en considération l’impact de la prévention VIH sur le nombre de vies sauvées. Pour l’instant, cet impact ne fait pas partie du modèle. « Cela pourrait nous indiquer que le Fonds sous-estime le nombre de vies sauvées par ses investissements », affirme le rapport. Dans le même temps, le Fonds et ses partenaires réviseront certaines limites de la méthodologie concernant les estimations de la TB et le paludisme qui pourraient être surestimées dans certains paramètres.

Autres résultats

D’autres résultats importants dans ce rapport montrent que grâce aux programmes financés par le Fonds mondial :

  • 423 millions de gens ont reçu un soutien technologique et se sont fait tester;
  • 5,1 milliards de préservatifs ont été distribués;
  • 22 millions de personnes ont été traitées pour les IST
  • 3,1 millions de femmes séropositives ont reçu un traitement dans le cadre de la prévention mère-enfant;
  • 515 millions cas de paludisme traités;
  • 155 million cas de paludisme évités et
  • 58 millions pulvérisations intradomicilaires.

Le Fonds affirme que le nombre de personnes traitées pour les formes multirésistantes de la TB a été multiplié par quatre depuis 2010 pour atteindre 210 000.

Le rapport affirme qu’entre 2000 et 2014, le nombre de nouvelles infections VIH a baissé de 36% dans les pays qui reçoivent un soutien du Fonds mondial. « Les partenaires estiment probable une baisse encore plus forte si les financements se poursuivent », affirme le Fonds.

De plus, dans les pays où le Fonds mondial subventionne des programmes :

  • le nombre des personnes mourant du VIH, de la TB ou du paludisme a baissé d’un tiers;
  • l’accès aux antirétroviraux est passé d’un taux de couverture de 4% en 2005 à 21% en 2010 et 40% en 2014; et
  • le nombre de personnes à risque pour le paludisme qui ont un accès à une moustiquaire est passé de 7% en 2005 à 36% en 2010 et 56% en 2014.

Le Fonds mondial estime que plus d’un tiers de ses investissements est dévolu au renforcement des structures de santé : et que 55-60% bénéficient aux femmes et aux jeunes filles.

Le Fonds mondial prévoit une augmentation de 4,5 milliards (soit 52%) des investissement domestiques dans le domaine de la santé pour la période 2015-2017 comparé à ce qui avait été investi en 2012-2014.

Ces deux dernières années, le Fonds mondial a économisé plus de 500 millions de dollars à travers des approvisionnements plus efficaces tandis que les livraisons en temps et en heure sont passées de 36% en 2013 à 81% en 2015.

Le rapport comprend quelques études de cas. En Tanzanie par exemple, le nombre de cas identifiés de tuberculose est nettement monté entre 1995 et 2005, poussant le pays à déclarer une urgence nationale en 2006. Le Fonds mondial a commencé à soutenir des programmes contre la TB en 2007 et des efforts conjoints ont évité l’apparition de 328 000 cas et sauvé 195 000 vies depuis 2000. « La Tanzanie a mis en œuvre des interventions TB/VIH, en bâtissant des systèmes de santé résilients et durables et en améliorant les taux de détection et de soins. »

Le Fonds mondial affirme que les programmes qu’il soutient sauvent plus de 2 millions de vies par an. Selon les résultats de ce rapport, le nombre de vies sauvées dans un pays donné pour une année donnée est estimée en soustrayant le nombre de décès réels au nombre de décès qui auraient eu lieu si les interventions n’avaient pas été mises en place. « Par exemple, peut-on lire dans le rapport, pour un pays où les études montrent que 70% des patients atteints de TB meurent en l’absence de traitement et si 1000 personnes ont été soignées cette année là et 100 sont mortes, nous pouvons conclure que 600 vies ont été sauvées, puisque sans traitement du tout, 700 seraient mortes ».


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