La RDC complète son premier dialogue national pour sa proposition VIH

3. NEWS
6 Feb 2014

Les représentants de la société civile, du gouvernement, des principaux groupes touchés par le VIH et des partenaires techniques se sont réunis du 14 au 15 janvier à Kinshasa pour la dernière réunion du dialogue national en République démocratique du Congo (RDC). Ce processus doit définir et valider le contenu et les priorités de la note conceptuelle de la RDC pour les programmes VIH. 

Le dialogue national est une exigence de la demande de subventions dans le cadre du nouveau modèle de financement du Fonds mondial. Celui-ci vise à financer en priorité les pays faisant face aux épidémies les plus graves et disposant de très peu de moyens. Le dialogue national doit définir des priorités et des stratégies conformes au plan stratégique national tout en mettant l'accent sur les populations vulnérables, avec des activités ciblées de prévention, de traitement et de prise en charge. 

Les contributions des divers groupes ayant participé  au dialogue national doivent informer l'élaboration par l'instance de coordination nationale (ICN) de la note conceptuelle, c'est-à-dire la demande de financement initiale de la RDC pour le programme de lutte contre le VIH. En vertu de cette note conceptuelle, 226 millions de dollars seront demandés pour la période 2015-2017, y compris un financement de 96 millions de dollars qui va au-delà du montant indicatif communiqué par le Fonds mondial.

Les 11 provinces de la RDC étaient représentées à la réunion de Kinshasa, la capitale, saluée comme un rassemblement historique de tous les groupes concernés par les efforts visant à réduire l'impact du VIH sur ce pays d'Afrique centrale. 

De nombreuses difficultés, notamment une faible densité de population (29 habitants par kilomètre carré) et de vastes zones de campagne inaccessibles en raison de l'insécurité actuelle ou du manque d'infrastructures, entravent la collecte des données sur la séroprévalence nationale et la mise à disposition des traitements pour la population. Avant le dialogue national, le Fonds mondial a collaboré étroitement avec le gouvernement et les partenaires techniques pour se faire une idée plus claire de la charge de morbidité et se mettre d'accord sur la définition des indicateurs qui permettront de générer des données de référence pour les interventions futures.

La séroprévalence nationale a été estimée par des enquêtes démographiques et de santé prises en charge par l'ONUSIDA et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à 1,1%, même si, selon des analyses régionales, la prévalence généralisée atteint 8% dans certaines parties du pays. Parmi les hommes ayant des rapports homosexuels, ce chiffre s'élève au-dessus de 31%, même si les données se limitent principalement aux centres urbains. Environ  75 000 personnes en RDC sont sous traitement antirétroviral.

Complications logistiques et budgétaires, confusion sur les nouvelles exigences

Compte tenu des défis liés aux distances et à la géographie du pays, ainsi qu'aux chiffres divergents sur la prévalence, l'idée d'un dialogue national participatif a été jugée particulièrement appropriée pour la RDC. Toutefois, les participants à la réunion de Kinshasa ont relevé à maintes reprises l'ampleur des difficultés à transformer les recommandations régionales en une stratégie nationale cohérente. Selon ce qu'Aidspan a appris auprès d'eux, ceci a suscité des critiques selon lesquelles la note conceptuelle ne serait pas assez ambitieuse et les estimations des objectifs chiffrés seraient trop faibles pour faire face de manière adéquate à cette maladie, conformément aux lignes directrices recommandées.

Le caractère participatif du dialogue national a également mis en évidence la différence profonde entre cette méthode de travail et l'élaboration des propositions antérieures des subventions du Fonds mondial en RDC. Par le passé, la prise de décisions, bien qu'elle ne soit pas parfaite, intervenait dans les délais imposés au cours du processus de candidature. 

Aujourd'hui, cependant, en exigeant la participation de l'ensemble du pays, le Fonds mondial alourdit la tâche de l'instance de coordination nationale. Bien que ce travail soit peu coûteux et généralement bien accueilli, il crée des complications logistiques et budgétaires considérables. Selon les commentaires recueillis par Aidspan, ces considérations sont à l'origine des retards importants dans la mise en place du dialogue national.

La transition vers le nouveau modèle de financement s'est également accompagnée d'une série de changements de procédures difficiles à expliquer pleinement à tous les groupes concernés en raison du contexte géopolitique complexe en RDC. Cette situation a nécessité de faire appel davantage aux partenaires techniques pour obtenir des éclaircissements et des conseils au cours du processus de candidature du nouveau modèle de financement. L'instance de coordination nationale a elle-même été confrontée à des difficultés dans l'intégration complète des nouvelles exigences et procédures en vue d'élaborer des documents et plans nécessaires sur lesquels fonder la note conceptuelle.

La RDC a jusqu'à fin 2014 pour finaliser sa proposition, lorsque le financement actuel, soit environ 130 millions de dollars, arrivera à expiration. Les prochaines étapes de la note conceptuelle pour le VIH incluent une évaluation de l'admissibilité de l'ICN et la validation de la sélection des récipiendaires principaux. Actuellement, il y a un financement à deux voies de la lutte contre le VIH, CORDAID et Santé Rurale (SANRU) agissant comme récipiendaires principaux aux côtés du gouvernement. Sauf en cas de demandes de modification de la note conceptuelle, la RDC devrait recevoir une notification concernant son allocation de financement de la lutte contre le VIH d'ici la mi-avril.

*Voir l'article original en anglais. See the original article in English.

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