IAS 2019 : La conférence scientifique sur le VIH révèle de nouvelles approches prometteuses en matière de traitement et de prévention

4. ACTUALITE
23 Aug 2019
Indications précoces que la PrEP sous forme d’implant et le traitement quatre jours par semaine pourraient fonctionner

La 10e Conférence scientifique sur le VIH de la Société internationale sur le VIH (IAS) s’est tenue à Mexico du 21 au 24 juillet et a présenté un certain nombre d'évolutions remarquables concernant les soins cliniques et le traitement du VIH.

La PrEP sous forme d’implant
La prophylaxie pré-exposition, ou PrEP, s’est révélée très efficace pour prévenir l’infection par le VIH, mais pour certaines personnes prenant la PrEP, il peut être difficile de prendre une pilule tous les jours et, dans ce cas, son efficacité en est réduite. Un nouvel essai, dont les résultats très attendus ont été dévoilés le dernier jour de la conférence, a montré qu'un implant à libération lente de la société pharmaceutique Merck offrait une protection efficace et durable contre le VIH. Le médicament utilisé dans l'implant, connu sous le nom de MK-8591, ou islatravir, est expérimental et est considéré comme dix fois plus puissant que de nombreux autres antirétroviraux (ce qui le rend efficace même à très petite dose). L’essai, qui à ce stade ne visait qu’à tester l’innocuité et la tolérance du médicament, n’a duré que trois mois, mais les projections scientifiques ont montré que la dose de 62 mg permettait de maintenir une concentration du médicament dans le sang suffisamment élevée pour interrompre la réplication du VIH (une dose de 54mg n’a pas donné le même résultat). Le Dr Randolph Matthews, chercheur principal de l'étude chez Merck, a déclaré que son "extraordinaire persistance" rendait le médicament particulièrement adapté aux applications de longue durée. D'autres essais cliniques suivront.
Lire l'article dans le New York Times (en anglais)…
Lire l'article sur le site d’Aidsmap (en anglais)…

Il est démontré que le traitement antirétroviral de quatre jours sur sept fonctionne          
Un essai mené par l'ANRS, l'Agence nationale française de recherches sur le sida et les hépatites virales, a montré qu’un traitement antirétroviral contre le VIH réduit à quatre jours par semaine était, pour les personnes dont la charge virale est déjà totalement indétectable, aussi efficace qu’un traitement administré quotidiennement sept jours sur sept. Certains types de médicaments antirétroviraux maintiennent un niveau de concentration dans le sang suffisant pendant plusieurs jours, ce qui permet de maintenir le VIH sous contrôle même lorsqu’une dose est manquée. L’essai QUATUOR a recruté 647 personnes dont la charge virale était complètement indétectable depuis au moins 12 mois et qui n’avaient aucune résistance aux médicaments antirétroviraux. Les participants suivaient divers régimes antirétroviraux et ont été randomisés pour prendre leurs médicaments sept jours par semaine ou pendant quatre jours consécutifs. Les résultats ont été mesurés à 48 semaines, le « succès thérapeutique » étant défini comme une charge virale indétectable sans aucune interruption du traitement attribué. Les résultats du traitement de quatre jours par semaine étaient « non inférieurs » et il n'y avait aucune différence entre les diverses catégories d'antirétroviraux.
Lire l'article complet sur le site d'Aidsmap (en anglais)…

L'OMS recommande le dolutégravir comme option thérapeutique à privilégier contre le VIH
Sur la base de nouvelles données probantes publiées lors de la conférence de l’IAS, l’Organisation mondiale de la Santé recommande d’utiliser de préférence le dolutégravir (DTG) comme traitement contre le VIH de première et de deuxième intention pour toutes les populations, y compris les femmes enceintes.
Cette recommandation est particulièrement importante suite à l’étude menée au Botswana en mai 2018, qui avait mis en évidence un lien possible entre l’utilisation du DTG pendant la grossesse et des malformations du tube neural chez des nourrissons nés de mères qui prenaient ce médicament au moment de la conception. Cependant, les nouvelles données, issues de deux vastes essais cliniques comparant l'innocuité du DTG et de l'efavirenz (EFV), ont confirmé que les risques de malformations du tube neural résultant de l’utilisation du DTG sont significativement moindres que ce que les études initiales ont pu suggérer.
 Lire le communiqué de presse de l'OMS…
Lire le communiqué de presse sur le site d’Aidsmap (en anglais)… 

Meilleures pratiques de 6 centres de traitement du VIH
Les Amis du combat mondial, AVAC et amfAR ont publié un nouveau rapport lors de la conférence de l'IAS, qui montre comment « des réductions spectaculaires de l'incidence du VIH et de la mortalité ont été réalisées dans six contextes très différents »: en Thaïlande, au Malawi, à Rakai, en Ouganda, en Nouvelle-Galles du Sud en Australie, à Londres en Angleterre et à San Francisco aux États-Unis. Selon le rapport, les six localités présentent toutes un certain nombre d'interventions les plus efficaces pour mettre fin à l'épidémie: des campagnes pour encourager le dépistage du VIH, en particulier parmi les groupes les plus touchés; accès gratuit et facile au traitement du VIH au moment du diagnostic (quel que soit le nombre de CD4); l'intensification des techniques de prévention du VIH fondées sur des données probantes (telles que la circoncision masculine médicale volontaire, la PrEP et la réduction des risques); et des efforts concertés visant à fournir des services et un soutien social fondés sur les droits humains, avec la mise en œuvre en parallèle de programmes de lutte contre la stigmatisation et la discrimination.
Lire la suite sur www.endaids.org ...

Une étude d'ECHO révèle des taux élevés de VIH et d'IST
L'étude ECHO (Evidences for Contraceptive Options and HIV Outcomes) était un essai clinique mené dans quatre pays africains (l’Eswatini, le Kenya, l’Afrique du Sud et la Zambie) pendant 18 mois. Il comparait le risque d'infection par le VIH chez les femmes utilisant les trois méthodes contraceptives les plus courantes: le DMPA-IM administré par injection intra-musculaire ; le dispositif intra-utérin en cuivre ; et un implant contenant du lévonorgestrel (LNG). L’essai a montré que le risque d’infection par le VIH ne diffère pas de manière significative d’une méthode contraceptive à l’autre, dissipant les craintes de longue date selon lesquelles le fait d’utiliser une méthode contraceptive hormonale pourrait accroître le risque d’infection par le VIH pour les femmes. L'étude a également révélé des taux d'incidence du VIH très élevés chez les jeunes femmes participant à l'essai, dont la cohorte était composée de femmes sexuellement actives et séronégatives âgées de 16 à 35 ans. Ces femmes ont été suivies pendant 12 à 18 mois sur neuf sites en Afrique du Sud, et sur trois sites supplémentaires dans les trois autres pays.
Lire le communiqué de presse complet de l'IAS (en anglais)…

++++++++++++


Share |

Laissez un commentaire

Leave a comment