Faire progresser la lutte contre la tuberculose grâce à l’expérience du Réseau des défenseurs du Fonds mondial

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23 May 2017
L’objectif est de créer un élan politique en préparation de la réunion de haut niveau de l’ONU de l’année prochaine sur la tuberculose

Au travers du Réseau des défenseurs du Fonds mondial (GFAN), les défenseurs de la lutte contre la tuberculose cherchent à faire progresser stratégiquement les efforts pour combattre la maladie et à profiter de plusieurs réunions internationales importantes qui auront lieu au cours des 15 prochains mois. Ils coordonnent actuellement une initiative, provisoirement connue sous le nom de Groupe de travail sur la tuberculose, au travers de laquelle les membres du Réseau des défenseurs du Fonds mondial leur offriront des conseils sur les mesures à prendre pour créer un élan politique à l’approche de ces réunions et, au final, obtenir des engagements de haut niveau envers l’élimination de l’épidémie de tuberculose.

Ces réunions sont notamment le sommet du G20 qui aura lieu en juillet à Hambourg, pour lequel le gouvernement allemand a placé la lutte contre la résistance microbienne aux médicaments – y compris la tuberculose multirésistante – au cœur de son programme sanitaire, et une conférence ministérielle mondiale sur la tuberculose qui se tiendra à Moscou en novembre. Le programme culmine l’an prochain à New York avec une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose.

« Ceci est une grande percée pour la communauté de la lutte contre la tuberculose », a déclaré Aaron Oxley, directeur exécutif de RESULTS UK, une organisation à la base qui plaide en faveur de l’élimination de la pauvreté dans le monde. Son portefeuille contient un important programme de lutte contre la tuberculose. « Il est reconnu que ce sont là des occasions inédites pour la communauté de la lutte contre la tuberculose. »

Selon M. Oxley, le Réseau des défenseurs du Fonds mondial pourrait être déterminant pour aider les défenseurs de la lutte contre la tuberculose à tirer le plus grand parti de ces occasions.

RESULTS est l’un des plus de 140 membres du GFAN, une coalition d’organisations de la société civile se consacrant principalement à plaider en faveur du financement intégral du Fonds mondial. Mais le Réseau des défenseurs du Fonds mondial a également organisé d’autres campagnes de haut niveau, notamment autour de la réunion de haut niveau 2016 de l’ONU sur la fin du sida. M. Oxley, qui contribue à la coordination de l’initiative sur la tuberculose au travers du GFAN, espère que sa communauté pourra exploiter cette expérience. « Nous avons besoin que les membres du Réseau reconnaissent eux aussi cette occasion », a-t-il affirmé. « Les défenseurs de la lutte contre le VIH ont déjà mené ce combat, ils connaissent les rouages. La communauté de la lutte contre la tuberculose n’a pas cette expérience. Je crois qu’il y a tellement de manières de mal faire les choses, mais nous voulons bien les faire ».

Dès que possible, les défenseur s de la lutte contre la tuberculose comptent faire appel à l’aide du Réseau des défenseurs du Fonds mondial pour élaborer leur stratégie et parvenir à des engagements définis destinés à contribuer à mettre fin à la tuberculose.

« Je pense qu’il est important que le Réseau, qui bénéficie d’une plateforme gigantesque, transpose vraiment les leçons tirées et les meilleures pratiques issues de la lutte contre le VIH dans le combat contre la tuberculose », a déclaré Blessi Kumar, directrice générale de la Coalition mondiale des militants contre la tuberculose.

Pour M. Oxley, cela commence par des conseils pratiques sur la manière la plus efficace d’organiser un programme et un calendrier de réunions clés avec les responsables chargés de l’organisation des sommets mondiaux, afin de garantir que les défenseurs soient bien placés pour obtenir des engagements et établir de futurs mécanismes de redevabilité.

Il a indiqué que le groupe de travail se tourne également vers le Réseau des défenseurs du Fonds mondial pour des conseils sur les efforts de lobbying et sur la façon de nouer des liens plus étroits avec le Bureau du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies. « Le Réseau des défenseurs du Fonds mondial a un excellent parcours en matière de facilitation », selon M. Oxley. « Il rassemble des gens du monde entier pour réfléchir à ce qu’ils veulent faire pour avoir un maximum d’impact. »

M. Oxley espère que les échanges avec le GFAN, outre les conseils tactiques qu’il en attend, aidera la communauté de la lutte contre la tuberculose à étudier l’ensemble de ses exigences pour les perfectionner et les transformer en résultats distincts et réalisables. « Nous avons besoin de tout et davantage encore », a-t-il affirmé, en soulignant toutefois quelques éléments particuliers, comme de nouveaux médicaments, une meilleure mise en œuvre des outils existants et un soutien psychosocial accru pour les patients. « Mais les engagements de haut niveau que nous voulons par-dessus tout obtenir à Moscou et New York restent encore à déterminer. Nous devons nous concentrer sur un nombre réduit d’objectifs réalisables. »

Mme Kumar a quant à elle déclaré espérer pouvoir tirer parti des contacts du Réseau des défenseurs du Fonds mondial et contribuer à faire participer davantage de voix de la société civile aux discussions préparatoires aux sommets de Hambourg, de Moscou et, en particulier, de New York. Il s’agit notamment d’appeler à une « audience » de la société civile au moins cinq mois avant la réunion de haut niveau sur la tuberculose afin de contribuer à arrêter l’ordre du jour de ces délibérations.

« Lorsque la communauté touchée exige des comptes – aux ministres, aux parlementaires élus, aux chefs d’État – c’est tellement plus puissant, parce que c’est une question de vie ou de mort », a commenté Mme Kumar. « Or la voix de la communauté touchée a manqué jusqu’ici. Nous n’avons adopté qu’une approche médicalisée de la tuberculose. »

L’initiative du Réseau des défenseurs du Fonds mondial en est à ses tout débuts. Un premier appel officiel a eu lieu en avril, et le Réseau annoncera prochainement des réunions à venir qui marqueront une claire voie à suivre.

Entre-temps, les responsables qui participent aux efforts conjoints de préparation des réunions de Hambourg, Moscou et New York sont impatients de travailler en collaboration avec l’initiative. Le Caucus mondial sur la tuberculose, un réseau de plus de 2 300 parlementaires déterminés à aider à mettre fin à l’épidémie de tuberculose, s’attache à générer des engagements politiques de haut niveau en perspective des prochaines réunions. Matt Oliver, qui dirige le secrétariat du Caucus, a indiqué à Aidspan que « nous devons collaborer étroitement avec la société civile pour nous assurer que ce que nous faisons est aligné sur ce que tous les autres font et éviter tout glissement. »

Selon les défenseurs, au vu de certaines tendances inquiétantes de la tuberculose au niveau mondial, il y a une pression accrue pour veiller à ce que les réunions produisent des engagements significatifs.

Responsable de 1,8 million de décès en 2015 (d’après l’Organisation mondiale de la Santé), la tuberculose est à l’heure actuelle la maladie infectieuse la plus meurtrière du monde. Les souches pharmacorésistantes de la maladie, plus coûteuses et plus longues à traiter, sont en augmentation. De nouvelles recherches publiées ce mois-ci dans The Lancet prédisent que la tuberculose multirésistante pourrait représenter 32,5 % de tous les cas en Russie d’ici 2040, et 12,4 % en Inde.


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