En bref : développements importants liés au VIH

5. NOUVELLES
16 Aug 2017

Plusieurs annonces importantes ont été faites ces dernières semaines en matière de VIH. Cet article fournit un récapitulatif de ces annonces.

La balance a penché

L’ONUSIDA a annoncé le 20 juillet dernier qu’en 2016, pour la première fois, plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH (19,5 des 36,7 millions de personnes porteuses du VIH) ont eu accès au traitement contre le VIH. De plus, les décès liés au sida ont diminué de près de moitié depuis 2005, passant de 1,9 million à 1,0 million.

Si cela continue, estime l’ONUSIDA, nous atteindrons l’objectif mondial de 30 millions de personnes en traitement d’ici 2020.

La région montrant les plus importants progrès est l’Afrique orientale et australe, la plus affectée par le VIH et qui compte plus de la moitié de toutes les personnes porteuses du virus. Depuis 2010, les décès liés au sida dans cette région ont chuté de 42 %. Les nouveaux cas d’infection ont chuté de 29 %, avec une baisse de 56 % des nouvelles infections parmi les enfants. L’ONUSIDA qualifie ces progrès de « succès remarquable » et affirme que le traitement du VIH et les efforts de prévention mettent l’Afrique orientale et australe sur la voie de l’éradication de l’épidémie de sida.

Un rapport, un communiqué de presse et d’autres documents (en anglais) sont disponibles ici.

MSF : des pertes humaines inacceptables

Le vent a certes tourné dans la lutte contre le sida à l’échelle mondiale, mais trop d’habitants de l’Afrique subsaharienne sont encore victimes de maladies liées au sida en raison du dépistage limité et des problèmes liés au traitement, a déclaré Médecins sans frontières à la Thomson Reuters Foundation le 25 juillet.

Malgré l’amélioration considérable de l’accès aux antirétroviraux en Afrique subsaharienne, un nombre « inacceptable » de personnes contractent le sida et périssent en raison de la pharmacorésistance, des interruptions de traitement et du diagnostic tardif, juge MSF.

Financement des donateurs en faveur de la lutte contre le VIH en baisse

Le financement des gouvernements donateurs en faveur de la lutte contre le VIH dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire a reculé de 511 millions de dollars, passant de 7,5 milliards de dollars en 2015 à 7,0 milliards de dollars en 2016, selon un rapport préparé par la Kaiser Family Foundation et l’ONUSIDA.

« Le déclin du financement des gouvernements donateurs en faveur de la lutte contre le VIH se poursuit », commente Jen Kates, vice-présidente de la fondation en charge de la santé mondiale et de la politique en matière de VIH. « Les réductions budgétaires récemment proposées par les États-Unis, parmi d’autres exigences concurrentes pesant sur les budgets des donateurs, contribueront probablement au maintien du climat d’incertitude autour du financement futur de la lutte contre le VIH ».

D’après un communiqué de presse de l’ONUSIDA, ceci est la deuxième année consécutive de déclin du financement, qui est à son niveau le plus bas depuis 2010. L’ONUSIDA attribue ce déclin à des réductions réelles des financements (qui représentent environ la moitié du déclin), aux fluctuations des taux de change (20 %) et au calendrier des contributions américaines au Fonds mondial (30 %), en raison d’une loi américaine qui limite son financement à un tiers des contributions totales. Une partie du déclin est imputable à la décision des donateurs de concentrer leur financement au début de la période de promesses de dons 2014/2016 du Fonds mondial.

Swaziland : avancées considérables

De nouvelles données impressionnantes en provenance du Swaziland offrent certaines des preuves les plus convaincantes que l’accélération agressive du traitement contre le VIH est efficace au niveau de la population pour réduire le nombre de nouvelles infections, selon un article publié le 24 juillet dans la revue Science. Les données concernées ont été présentées à Paris à l’occasion de la conférence internationale de la Société internationale sur le sida.

Le royaume connaît une des pires épidémies de VIH/sida au monde, mais depuis 2011, une intensification massive du dépistage et du traitement a fait reculer de 44 % le taux de nouvelles infections.

Selon une étude réalisée en 2011, 32 % de la population du Swaziland âgée de 18 à 49 ans vivait alors avec le VIH – ce qui représentait le taux de prévalence le plus élevé du monde. À l’époque, seules 72 402 de ces personnes bénéficiaient d’un traitement antirétroviral. À peine 34,8 % de la population atteinte avait refoulé le virus. Le taux de nouvelles infections, autrement dit l’incidence, était de 2,5 % par an. 

Aujourd’hui, 171 266 personnes infectées par le VIH au Swaziland sont sous antirétroviraux, grâce au soutien du Fonds mondial et du PEPFAR. Une étude de 7 mois financée par le PEPFAR et terminée en mars dernier révèle que 73,1 % de la population infectée a désormais pleinement refoulé le virus, et que l’incidence du VIH a chuté de 44 %, se situant désormais à 1,4 %. Outre l’accélération du traitement, on observe également dans le pays une augmentation importante du nombre d’hommes choisissant de se faire circonscrire.

Lors de la présentation des résultats de l’étude à la conférence, toute la salle a retenti d’applaudissements et de cris de joie.

« Nous ne pouvons que nous réjouir de ces constatations », commente Wafaa El-Sadr, épidémiologiste à l’université Columbia dont le groupe a aidé le Swaziland à réaliser les enquêtes. « Cela marque un recul radical des nouvelles infections ».

Charge virale indétectable = transmission zéro

Une autre étude dont les résultats ont été présentés à la conférence de la Société internationale sur le sida a constaté qu’aucune transmission n’avait eu lieu lors de rapports avec des hommes séropositifs au VIH dont la charge virale est indétectable. L’étude intitulée Opposites Attract (les contraires s’attirent), menée par le professeur Andrew Grulich du Kirby Institute, a suivi une cohorte de 358 couples homosexuels masculins – un partenaire séropositif au VIH et l’autre séronégatif – en Australie, en Thaïlande et au Brésil.

Pas la moindre transmission n’a eu lieu au cours des près de 17 000 rapports anaux sans préservatif déclarés par les participants ; 12 000 de ces rapports sexuels étaient protégés uniquement par la charge virale indétectable du partenaire séropositif.

Voir également ici.

 


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