Comment les pays d’AOC se saisissent-ils du rapport du BIG ? Retour sur la rencontre des délégations africaines à Saly

5. UPDATE
23 Aug 2019
Les pays d’AOC se sont réunis à Saly les 9 et 10 juillet et ont décidé des suites à donner au rapport du BIG

En mai 2019, l’Office de l’Inspecteur Général a rendu public les résultats de son étude sur la mise en œuvre des subventions dans les pays d’Afrique centrale et occidentale. Les domaines clés de l'analyse comprenaient : (1) l’efficacité actuelle des programmes du Fonds mondial dans la région AOC ; (2) Les principaux facteurs de succès et les enseignements tirés des programmes couronnés de succès ; (3) Les causes profondes des difficultés et des goulots d'étranglement liés à la mise en œuvre des subventions ; (34) et les leviers potentiels pour améliorer la performance actuelle des investissements de l’organisation pour les pays de la région AOC.

Ce rapport, qui constitue une mine d’informations relatives aux progrès effectués dans le domaine de la lutte contre les trois pandémies, analyse les succès et les défis relevés, et livre des recommandations pour améliorer encore la performance des subventions.

Dans un souci de bonne diffusion du rapport et de partage des conclusions et des recommandations, le Bureau de la Circonscription Africaine basé à Addis Abeba a organisé, les 9 et 10 juillet dernier, une rencontre à Saly. Etaient conviés toutes les délégations d’Afrique de l’ouest et du centre, les partenaires techniques et financiers (OMS, Onusida, Stop TB Partnership, Backup Santé de la GIZ, l’Initiative 5%, USAID) mais également des représentants de la société civile ainsi que ceux du Fonds mondial.

La rencontre poursuivait trois objectifs principaux : d’une part, partager le contenu du rapport avec les représentants des instances de coordination nationale, d’autre part réfléchir aux priorités en matière de lutte contre les trois pandémies dans la région. Enfin, de se concerter avec les partenaires techniques et financiers et avec le Fonds mondial afin de réfléchir à l’appui technique et aux évolutions nécessaires pour améliorer la gestion des subventions.

Les délégations ont reconnu les efforts intenses déployés par le Fonds mondial pour soutenir les systèmes de santé et étendre la couverture du traitement aux patients de la région. Ils ont néanmoins souligné le besoin d'intensifier les efforts de coordination des interventions sur le terrain et de renforcer le leadership des pays pour s'attaquer aux problèmes graves tels que le financement domestique et la gestion des subventions, la prévention des nouveaux cas et un meilleur accès au traitement pour tous. Enfin, les délégations ont réaffirmé pour le Fonds mondial l’importance de capitaliser sur les interventions réussies, et de s’engager dans un assouplissement de certaines politiques, des stratégies et des mécanismes de mise en œuvre et de suivi concrets et efficaces, afin de rationaliser davantage notre réponse aux épidémies dans la région d’AOC.

De cette réunion riche en échanges est issue une résolution, diffusée à tous les pays d’Afrique de l’ouest et du centre, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’au Fonds mondial. Cette dernière constituera la base des prochaines discussions qui porteront sur une analyse pays par pays, afin d’élaborer des plans d’actions adaptés aux réalités de chaque pays de la région.

Principales recommandations

Nous demandons aux chefs d’État de notre région, au Fonds mondial et à tous les partenaires techniques et financiers de prendre d’urgence les mesures qui s'imposent pour rendre leurs investissements plus stratégiques et plus rentables.

Nous souscrivons pleinement aux conclusions et recommandations du BIG et, en outre :

 

Nous exhortons les gouvernements d'Afrique de l’Ouest et du Centre à :

  1. Considérer la santé comme une priorité fondamentale dans les allocations budgétaires, même dans le contexte actuel d'insécurité et de fragilité des pays, conformément à l'engagement d'Abuja de 2001 signé par toutes les parties ;
  2. Augmenter en priorité la mobilisation des ressources nationales en utilisant des mécanismes innovants, notamment par le biais de la participation du secteur privé, pour renforcer et élargir les interventions efficaces dans la lutte contre les trois épidémies ;
  3. S'assurer que les paiements anticipés et les mécanismes de protection sociale, tels que les régimes d'assurance maladie, sont en place pour minimiser les dépenses à la charge des patients qui sont souvent catastrophiques ;
  4. Accroître le leadership de l’État en s'appropriant la gestion des investissements du Fonds mondial et intensifier les efforts de coordination de tous les investissements effectués dans le domaine de la santé, fournis par des sources internationales et nationales ;
  5. Assumer la responsabilité de la mise en œuvre des plans de transformation de la chaîne d'approvisionnement élaborés à partir des audits effectués par le Fonds mondial, étant donné que l'accès aux médicaments essentiels est central pour la réalisation de la CSU ;
  6. Améliorer la définition, l'identification des besoins, la coordination, l'évaluation et le leadership national sur l'assistance technique (AT) et tirer parti de l'expertise locale en premier lieu, en veillant notamment à ce que des ressources soient affectées à l'assistance technique ;

 

Nous appelons les partenaires du Fonds mondial à :

  1. Prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que les ressources nécessaires soient disponibles dans la région de la WCA, tout en assurant un assouplissement des procédures nécessaire pour améliorer encore la mise en œuvre des programmes et l'absorption ;
  2. Identifier les missions d'assistance technique nécessaires pour renforcer les systèmes de santé, afin de remédier à leurs faiblesses de manière prioritaires, dans un effort de planification à long terme et coordonnée ;
  3. S’engager à promouvoir une meilleure coordination et un alignement harmonisé des interventions dans les pays afin de s’assurer que l’appuis technique répond avec efficacité et à long terme aux besoins des pays ;

 

Nous exhortons le Secrétariat du Fonds mondial à :

  1. Prendre toutes les mesures nécessaires pour diffuser les politiques et procédures du Fonds mondial et plus particulièrement pour les environnements d'exploitation difficiles (COE) et leur impact sur les subventions via la distribution d'une note d'information en français sur ces procédures et leur utilisation ;
  2. Introduire des éléments de flexibilité dans la politique consacrée aux contextes d’intervention difficiles, afin de simplifier la mise en œuvre des subventions dans ces contextes fragiles et de justifier le non-recours à ces procédures pour les pays pourtant éligibles (responsabilité en matière de GFP)
  3. Réaliser une évaluation de l’appui des équipes pays dans la mise en œuvre des subventions (passées et actuelles) dans chaque pays.

 

Nous demandons au conseil d'Administration du Fonds mondial:

  1. D’inscrire au plus vite à l'ordre du jour des comités une discussion générale sur l'appétence pour le risque et d’apporter les ajustements nécessaires aux mesures d'atténuation des risques afin de garantir un juste équilibre entre les risques fiduciaires et les risques programmatiques ;
  2. D’inscrire d'urgence à l'ordre du jour des comités du SC et de l'AFC le suivi des recommandations du rapport du BIG sur la région d’AOC et de veiller à la mise en place d'un plan d'action vérifiable doté d’un calendrier très précis et des mises à jour régulières de l’état de mise en œuvre des recommandations ; et
  3. D’intégrer de manière urgente les recommandations du BIG dans les discussions sur les ajustements qualitatifs  pour s'assurer qu'elles ne pénalisent plus les pays de la région d’AOC en raison de leurs taux d'absorption qui se révèlent actuellement supérieurs au reste de l'Afrique.

 


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