Accord de 100 millions de dollars pour la lutte contre le paludisme en Asie du Sud-Est

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12 Feb 2014
Les activités financées viseront particulièrement les populations migrantes et des zones frontalières de 5 pays de la région.

Une subvention de 100 millions de dollars contre la malaria a été accordée par le Fonds mondial à cinq pays endémiques de la sous-région du Grand Mékong. Cet accord, qui vise à prévenir le développement de la résistance à l'artémisinine, ouvre ainsi la voie au premier programme régional approuvé dans le cadre du nouveau modèle de financement.

L'Initiative régionale de lutte contre la résistance à l'artémisinine (Regional Artemisinin Initiative ou RAI) permettra l'achat de moustiquaires imprégnées d'insecticides longue durée, la détection des cas de paludisme et la fourniture du traitement antipaludique sous surveillance directe au Cambodge, au Laos, au Myanmar, en Thaïlande et au Vietnam ainsi que des campagnes régionales et nationales de sensibilisation.

Suite à une analyse de la morbidité et des besoins financiers, les fonds seront distribués de la manière suivante : 15 % destinés aux campagnes régionales, 15% au Cambodge, 5% au Laos, 40 % au Myanmar, 10% à la Thaïlande et 15% au Vietnam.

Le travail auprès des populations migrantes, celles qui vivent et travaillent dans les zones frontalières et qui sont généralement négligées et marginalisées, est au coeur du programme de sensibilisation de la RAI. Chaque pays s'est engagé à y contribuer par des campagnes nationales complémentaires.

La résistance des parasites à l'artémisinine a été détectée dans tous les pays de la RAI, ce qui a soulevé des inquiétudes chez les cliniciens et chercheurs selon lesquels un problème actuellement mineur pourrait se développer de façon exponentielle au point de poser une grave menace à la fois dans la région et au-delà.

Les risques présentés par cette résistance croissante à l'artémisinine - l'ingrédient principal des combinaisons thérapeutiques les plus efficaces dans le traitement du paludisme - sont à l'origine de la rapidité avec laquelle les partenaires ont développé la proposition de la RAI, selon le directeur de programme de la RAI, Izaskun Gaviria.

« La résistance à l'artémisinine est considérée comme une menace mondiale par la communauté internationale qui a permis à l'équipe de bénéficier d'un grand soutien de partenaires clés », déclare Gaviria dans une réponse par courriel aux questions d'Aidspan.

La répartition du financement entre les activités régionales et nationales a été le fruit de larges consultations avec les diverses parties, y compris les groupes de la société civile, affirme Gaviria. Elle reflète également les priorités nationales et internationales visant la coordination d'autres initiatives régionales sur le paludisme financées par des bailleurs de fonds, notamment la Fondation Bill et Melinda Gates, l'AusAID et le DFiD.

Si l'objectif ultime est de contribuer à l'élimination du paludisme à falciparum dans la sous-région du Grand Mékong et de prévenir l'émergence ou la propagation de la résistance à l'artémisinine dans de nouvelles zones, le succès de la RAI sera également évalué en fonction des progrès réalisés dans :

  • la réduction des cas de paludisme à falciparum par pays et les progrès vers les objectifs nationaux d'élimination du paludisme (jusqu'à 50 % dans certains pays);
  • la couverture élevée grâce à la lutte antivectorielle et à des interventions de traitement dans les zones désignées, en particulier au sein des populations itinérantes/migrantes;
  • l'élimination des monothérapies à base d'artémisinine par voie orale.

La RAI est l'un des trois candidats régionaux de la première phase du nouveau modèle de financement. Les deux autres candidats sont une initiative de lutte contre le paludisme en Amérique centrale et dans les Caraïbes (Elimination of Malaria in Mesoamerica and the Island of Hispaniola - EMMIE) qui permettra de renforcer la surveillance du paludisme en République dominicaine, en Haïti, au Panama, au Costa Rica, au Nicaragua, au Guatemala, au Belize et au Salvador, et une initiative de réduction des risques de propagation du VIH en Europe de l'Est et en Asie centrale gérée par le Réseau eurasien de réduction des risques (Eurasian Harm Reduction Network).

Un montant total de 116 millions de dollars était initialement prévu dans la phase de transition de ces trois initiatives régionales.

*Voir l'article original en anglais. See the original article in English.

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