Campagne de reconstitution: Les efforts de plaidoyer s’intensifient

2. NOUVELLES
12 Sep 2016
Quel sera l’engagement du Royaume-Uni suite au Brexit et au changement de gouvernement?

La campagne de reconstitution des ressources du Fonds mondial a reçu un coup d’accélérateur à Durban lors de la 21e Conférence internationale sur le sida avec plusieurs événements parallèles et la sortie du rapport du Global Fund Advocates Network (GFAN) intitulé “Coût de l’Inaction 2016” (voir l'article de l’OFM dans ce numéro).

 

Le GFAN a également publié un rapport sur le Fonds mondial et Populations clés : Produire des résultats critiques. Le rapport sur les populations clés explique pourquoi il sera impossible de mettre un terme au sida, à la tuberculose et au paludisme si on ne répond pas aux besoins des populations et vulnérables et si on ne travaille pas avec elles (voir l'article de l’OFM).

 

Déficits de financement du VIH - un sujet brûlant à la Conférence 2016 sur le sida

 

Lors de la conférence 2016 sur le sida, Michel Sidibé, le Directeur général de l'ONUSIDA, a confié, dans une déclaration poignante: « Je ne peux pas être malhonnête avec vous, je dois vous le dire - nous allons faire face à une résistance, nous allons perdre notre investissement, nous devrons payer plus tard ... Si nous nous arrêtons maintenant, nous allons certainement [le] regretter parce que nous allons observer une résurgence de cette épidémie. »

 

La réunion de Durban a mis en lumière un grand nombre de nouveaux défis liés au financement du VIH, y compris le fait que la nouvelle politique de l’Organisation mondiale de la Santé, « tester et traiter », nécessitera un accroissement des investissements des donateurs alors même que le financement du VIH est en baisse au niveau mondial. La Présidente de la Société internationale sur le sida, le Dr Linda-Gail Bekker, a parlé (article en anglais) d'une occasion potentiellement manquée d'atteindre les objectifs 2030 si des ressources supplémentaires n’étaient pas garantis - « non pas parce que nous ne disposons pas des outils ou n’en avons pas la volonté, mais simplement parce que nous n'auront pas obtenu les ressources »  a-t-elle dit.

 

Le rapport conjoint publié récemment par Kaiser Family Fondation et l'ONUSIDA sur le financement des bailleurs de fonds pour le VIH dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire a constaté que le financement a diminué pour la première fois en cinq ans (voir article dans la version anglaise de l’OFM). Cela arrive à un moment où il faut augmenter les ressources pour renforcer les investissements afin d'accélérer la couverture globale des services liés au VIH d'ici à 2020 - afin de générer l'élan nécessaire pour atteindre les objectifs 2030. Selon les estimations de l'ONUSIDA, 7 milliards $ d’investissements supplémentaires par rapport au niveau de 2014 sont nécessaires pour atteindre son objectif de 26,2 milliards $ pour les pays à revenu faible ou intermédiaire d'ici à 2020.

Selon Mike Podmore, Directeur de StopAIDS, la fatigue mondiale s’est installée après près de deux décennies de financement de la riposte au sida. Les donateurs poussent les pays à revenu moyen à prendre une plus grande part du financement de leurs programmes VIH / SIDA à leur charge, mais les budgets et les systèmes de santé sont déjà tendus, a-t-il déclaré.



Plaidoyer vis à vis du Royaume-Uni

 

Avec le vote en faveur du Brexit, les efforts de sensibilisation du Fonds mondial en direction du Royaume-Uni se sont intensifiés pour veiller à ce que le nouveau gouvernement du Premier ministre Theresa May confirme son engagement de financement du Fonds mondial (voir l'article de GFO dans ce numéro, en anglais).

 

Selon un article - en anglais - paru dans Development Finance, le nouveau secrétaire d'Etat britannique pour le Développement International, Priti Patel, a déclaré que son rôle sera de protéger « l'intérêt national » du Royaume-Uni tout en « tenant [ses] promesses » aux pays les plus pauvres du monde.

 

Sur le blog du Global Health Lancet, Saira O'Mallie, Directrice de campagne par intérim de l’organisation ONE au Royaume-Uni a demandé : « Pourquoi les donateurs - les gouvernements et les organisations dont les budgets sont déjà très sollicitées par des crises humanitaires telles que celles en Syrie et dans les pays voisins - devraient  promettre de l'argent pour le Fonds? La réponse est simple: le Fonds mondial fonctionne. Il aide à fournir un traitement efficace et abordable et soutient des programmes sanitaires de prévention menés par des experts locaux dans les pays et les communautés qui en ont le plus besoin. Sans investissement dans le Fonds, huit millions de vies seraient en jeu. »

 

Madame O'Mallie a souligné qu'une contribution du Royaume-Uni de 1,2 milliards de Livres Sterling (20% de plus que la promesse du pays lors de la quatrième reconstitution) contribuerait, à elle seule, à sauver environ 1,1 million de vies.

 

Mark Dybul, le Directeur général du Fonds mondial reste confiant que le nouveau gouvernement du Royaume-Uni poursuivra son soutien au Fonds mondial. « Ils ont été très clairs en ce qu'ils attendent maintenir un rôle de chef de file", a-t-il déclaré à Sophie Cousins ​​ dans un article du BMJ (en anglais).

 

Autres développements

 

Dans l'article du BMJ, Marc Dybul a déclaré qu’obtenir les 13 milliards $ nécessaires à la pleine reconstitution du Fonds n’est pas certain. Il a déclaré: « Nous sommes dans un environnement où obtenir 13 milliards $, surtout avec les taux de change, n’est pas donné." Mais, a t-il poursuivi, alors que vous ne pouvez jamais être trop confiant, il reste quelques grands pays qui n’ont pas annoncés leurs contributions pour le moment. « Nous avons encore bon espoir. »

 

Dans le même article, la Directrice de cabinet du Fonds mondial Marijke Wijnroks a déclaré : « Le coût de l'inaction est tout simplement trop élevé. Nous devons combler l'écart de traitement que sont ces 20 millions de personnes qui ne sont pas sous traitement antirétroviral. Nous avons besoin de trouver ces gens et les atteindre. »

 

Madame Wijnroks a déclaré que si nous avons de nombreux 'outils de prévention efficaces, « nous ne serons pas en mesure de faire baisser le nombre de nouvelles infections … à moins d’être en mesure de lutter contre les causes profondes empêchant les gens d’accéder aux services. »

 

La ministre de la Santé du Canada, Jane Philpott, citée par le Globe and Mail (en anglais), explique que le Canada espère que son plan visant à « augmenter de manière proactive » ses contributions à la lutte contre les trois maladies infectieuses les plus meurtrières du monde ... inspirera d'autres.  « Nous accroissons notre engagement financier et nous espérons que d'autres pays feront la même chose. »

 

Il n’y a plus que six semaines jusqu'à la cinquième Conférence de reconstitution prévue le 16 septembre 2016, à Montréal, au Canada.

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