Le matériel de prévention continue à atteindre les zones dites « non contrôlées » de l’Est de l’Ukraine

11. ARTICLES COURTS
7 Jan 2016
La livraison de médicaments antituberculeux est plus problématique
L’Alliance travaille en coopération avec plusieurs organisations partenaires
Travaillant dans des conditions qui ne cessent de se détériorer, l’Alliance pour la Santé Publique (autrefois nommée l’Alliance Internationale HIV/SIDA Ukraine), en coopération avec le Fonds mondial et l’Organisation Mondiale de la Santé, est parvenue à livrer l’équivalent d’un an d’approvisionnement de kits de dépistage rapide pour le VIH, les MST et l’hépatite C dans les régions dites « non contrôlées » de la zone de Donbas dans l’Est de l’Ukraine (Donetsk et Lugansk).
 
Un stock de huit mois d’équipement médical (seringues à usage unique, tampons imbibés d’alcool, préservatifs et lubrifiants) a également été fourni.
 
En 2014, le Fonds mondial et les récipiendaires principaux d’Ukraine ont formé un sous-groupe sur la santé coordonné par l’OMS. Des réunions régulières sont tenues avec toutes les agences internationales qui opèrent dans le pays ainsi que le Ministère de la Santé. Le sous-groupe coordonne et soutient les programmes de santé dans les régions dites « non contrôlées ».
 
Depuis l’occupation d’une partie de l’Est de l’Ukraine, l’Alliance a pu fournir des services de dépistage VIH et de prévention ainsi que des médicaments TB dans les centres de Lugansk et Donetsk. Tous les produits ont été achetés dans le cadre des programmes financés par le Fonds mondial.
 
Cependant, la situation est devenue beaucoup plus compliquée en 2015 en raison des restrictions imposées par les autorités de facto des zones non contrôlées. Les gouverneurs des territoires occupés ont introduit des accréditations, des requêtes et d’autres systèmes d’autorisation pour tous les types de marchandises livrées dans la région, y compris l’aide humanitaire. Dans le même temps, le gouvernement ukrainien a mis en place des régulations strictes exigeant des documents sur les livraisons dans les territoires qu’il ne contrôle plus.
 
En dépit de ces conditions difficiles, l’Alliance a réussi à livrer trois cargaisons de produits de prévention en 2015. Chacun d’entre eux a nécessité une planification minutieuse, incluant l’obtention de tous les permis nécessaires de la part des deux camps et une coordination importante avec les autorités et récipiendaires de ces produits sur le terrain. La dernière cargaison a été effectuée à la mi-novembre. Il était crucial de maintenir une température adéquate pour transporter les kits de dépistage. Un camion réfrigéré a donc été loué spécialement par l’Alliance.
 
« Au regard de la situation épidémiologique et des risques élevés de dissémination des infections, explique Pavel Skala, le directeur adjoint de la politique et du partenariat à l’Alliance, il était fondamental d’assurer à nos bénéficiaires un accès constant à l’équipement de prévention. Depuis la dernière livraison en juillet 2015, la situation s’est largement détériorée sur le plan des procédures administratives et de la sécurité. Il est donc très satisfaisant de savoir que nos partenaires locaux ont des approvisionnements suffisants pour tenir jusqu’à juillet 2016 et assez d’équipement médical pour le dépistage jusqu’à la fin 2016 ».
 
Selon l’Alliance, la partie orientale du pays a historiquement une prévalence VIH plus élevée que le reste du pays mais grâce aux programmes subventionnés par le Fonds mondial, l’épidémie s’est stabilisée en 2013.
 
Cependant, en raison du conflit, la situation s’est largement détériorée.
 
L’augmentation de la prostitution a contribué à augmenter le nombre de cas de VIH et d’hépatite C. En 2014, 3000 nouvelles contaminations de VIH étaient enregistrées à Donetsk, représentant 27% des nouvelles contaminations dans le pays entier. Dans les six premiers mois de 2015, 593 nouveaux cas de VIH ont été enregistrés à Donetsk. La prévalence du VIH parmi les usagers de la drogue par injection est passé de 26,5% à 34% à Donetsk et de 3,2% à 7,3% à Lugansk. Il est devenu difficile de contrôler la situation en l’absence de données officielles de surveillance. De plus, les migrations internes ne sont pas contrôlées. Selon l’Alliance, l’augmentation de la prévalence VIH chez les soldats et la population féminine (principalement en raison du travail du sexe) est déjà observable.
 
Les nouvelles règlementations tranfrontalières ont affecté le travail de Médecins sans Frontières et des agences onusiennes à Donbas. En l’absence d’accréditation, ils ne sont plus autorisés à travailler dans les territoires de l’Est. MSF était un partenaire de l’Alliance Ukraine dans la livraison de médicaments antituberculeux. Par conséquent, l’Alliance est en train de mettre en place des canaux de livraison avec des nouveaux partenaires potentiels.
 
« La livraison de produits de prévention et de médicaments antituberculeux sont deux choses différentes, explique Vitaliy Velikiy, responsable de l’équipe des achats et de la chaîne d’approvisionnement à l’Alliance. Nous avons des ONG qui sont nos partenaires locaux et qui fournissent des services de prévention sur le terrain dans la région occupée de Donbas. Ils servent également de destinataires légaux pour les cargos de produits consommables de l’Alliance. Mais en ce qui concerne les médicaments antituberculeux, nous avons besoin d’un destinataire légal qui soit une institution médicale et qui puisse enregistrer précisément la distribution de médicaments aux patients. Auparavant, nous effectuions les livraisons directement dans les dispensaires TB situés dans les territoires occupés qui ne tombent plus sous la juridiction ukrainienne depuis décembre 2014. C’est pourquoi, la seule solution pour nous après cela était de livrer les médicaments via des partenaires internationaux comme MSF (livraison en juillet-août 2015 à Donetsk). Cependant, MSF a perdu son accréditation par les autorités de facto ici, nous avons donc besoin de trouver un nouveau partenaire aussi vite que possible ».
 
Actuellement, Alliance Ukraine fournit huit types de médicaments contre la TB-MR pour 507 patients à Donetsk et 260 à Lugansk. La réserve de médicaments antituberculeux n’était suffisante que jusqu’à la fin de l’année 2015.
 
 
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