Investir l’argent du Fonds mondial dans la jeunesse pour lutter contre le VIH

5. POINT DE VUE
22 May 2015

Dans une grande partie du monde, l’épidémie de VIH a un nouveau visage : le visage d’un jeune. La génération future risque de pâtir de la maladie si des investissements ciblés et pertinents vers la jeunesse, en particulier les adolescentes et les populations clés jeunes ne sont pas faits. Dans son discours, le Fonds mondial affirme avoir fait de la jeunesse une priorité, mais cette promesse ne s’est pas encore concrétisée de manière significative au niveau national. Ces limites ont été mises à nues lors de la 33ème réunion du Conseil d’administration du Fonds mondial : aucun jeune n’était présent, même en marge de cette rencontre de deux jours.

La participation limitée des jeunes dans les processus de décision du Fonds mondial se traduit aussi au niveau national. Seul un petit nombre d’instances de coordination nationale ont une représentation de jeunes et peu d’organisations dirigées par des jeunes sont des sous ou sous-sous-récipiendaires du Fonds mondial.

Comment transformer le Fonds mondial en une organisation accessible aux jeunes, inclusive et consciente des complexités et ce, malgré des groupes constitutifs qui ont tendance à s’accrocher à leur siège ? Pour atteindre les jeunes, il ne suffit pas simplement d’utiliser les réseaux sociaux, d’inviter des célébrités ou d’avoir recours à des gifs accrocheurs. Il s’agit d’ouvrir le dialogue à des individus qui, certes ne peuvent revendiquer des années de formation, mais peuvent mettre en avant leur expérience ici et maintenant.

En 2014, PACT (une coalition de 25 organisations de jeunesse à travers le monde), en collaboration avec Onusida et le Secrétariat du Fonds mondial ont lancé une boîte à outils : «investir l’argent à destination des jeunes ». La boîte à outils vise à informer les jeunes activistes travaillant sur les questions du VIH, les membres des instances de coordination nationale (ICN) et les autres parties prenantes sur l’importance d’impliquer les jeunes dans les prises de décision, ainsi que de mettre en place des projets adaptés au sein de la structure du Fonds mondial.

Les boîtes à outils ont été testées dans des ateliers de travail au Honduras, au Népal et au Zimbabwe par Youth LEAD avec un soutien de NORAD et jusqu’à présent, elles ont eu l’effet espéré : les jeunes qui sont déjà impliqués dans la lutte contre le SIDA ont désormais une meilleure idée de la manière dont le Fonds mondial travaille dans leur pays et peuvent mieux participer aux prises de décision, au suivi et l’évaluation, ainsi qu’aux activités de plaidoyer en général.

Si la connaissance apporte le pouvoir, fournir à ces jeunes les outils dont ils ont besoin pour mieux comprendre le Fonds mondial aura un effet très important. Durant chacun des trois ateliers nous avons vu une compréhension plus aigue de la manière dont les 4 milliards de dollars étaient dépensés par le Fonds modial mais aussi les lacunes et de ce que les jeunes devaient faire pour combler ces lacunes.

Le Fonds mondial est sur la bonne voie, en organisant, lors d’une récente réunion du Conseil d’administration, une session consacrée aux jeunes, en facilitant les relations entre les jeunes activistes de la société civile, les bailleurs de fonds et les responsables du gouvernement. Mais il est temps de transformer ces discussions en une véritable action, de faire de cette participation de la jeunesse quelque chose de réel, significatif et durable.

Nous sommes le futur, à la fois de l’épidémie et de la lutte contre l’épidémie. Lancez-nous des défis, enseignez-nous, faites-nous participer.

Gaj Gurung est membre de Youth LEAD et Ricardo Baruch est membre de PACT. Ils expriment leur point de vue personnel. 

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