Appel international urgent au financement complet du Fonds mondial

Pays donateurs, respectez votre promesse d'intensifier la lutte

contre le sida, la tuberculose et le paludisme

10 août 2005

 

« Ne vous y trompez pas : en dépit de difficultés initiales, le Fonds mondial est devenu l'un des plus formidables nouveaux mécanismes financiers de la lutte mondiale contre les maladies transmissibles. Il mérite chaque parcelle de soutien qu'il réussit à obtenir... Votre voix collective est indispensable, en ce moment. La prochaine ronde de financement reçoit des propositions sur les traitements, les capacités et les orphelins, en plus grand nombre que jamais. Ne forçons pas le Fonds à tourner le dos à des pays qui ont un urgent besoin d'aide. »

- Stephen Lewis, envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le VIH/sida en Afrique, 24 juillet 2005

 

Contexte

 

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est un mécanisme crucial aux efforts mondiaux pour éradiquer la maladie et la pauvreté. Il a besoin d'un solide appui financier pour continuer de contribuer efficacement à la lutte contre ces trois maladies mortelles. Les gouvernements donateurs auront une Conférence de reconstitution des ressources, à Londres, les 5-6 septembre 2005, pour mobiliser les sommes dont prévoit avoir besoin le Fonds mondial : 2,9 milliards $ en 2006 (plus 0,7 milliard $ pour combler le manque à gagner anticipé pour 2005) ainsi que 4,2 milliards $ en 2007 - soit 7,8 milliards $ au total. Ces fonds sont requis pour renouveler des projets biennaux qui ont été fructueux, amorcer une nouvelle ronde de financement en 2006 et deux autres en 2007, et financer la cinquième ronde de subventions du Fonds mondial (qui sera approuvée par son conseil d'administration en septembre). 

 

À l'heure actuelle, il existe une réelle possibilité que le Fonds ne dispose pas des ressources nécessaires à la tenue de nouvelles rondes en 2006 et 2007. Un financement insuffisant du Fonds mondial pourrait aussi compromettre l'atteinte de l'Objectif de développement pour le Millénaire de freiner et de renverser la propagation du VIH et d'autres maladies transmissibles d'ici 2015. Par ailleurs, si le sous-financement du Fonds mondial se poursuit, il sera impossible de réaliser la récente promesse du G8 : l'accès universel aux traitements anti-VIH d'ici 2010.

 

Nous exhortons les gouvernements donateurs à faire preuve de leadership et de leur engagement au plein financement de la lutte mondiale contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, en faisant leur juste part pour satisfaire les besoins du Fonds mondial et en incitant d'autres pays à augmenter leurs contributions. 

 

L'urgence du sida, de la tuberculose et du paludisme

 

Le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme affectent des dizaines de millions de personnes à travers le monde. Chaque année, ces maladies causent plus de 6 millions de décès et brisent des millions d'autres vies. Elles constituent un énorme défi de santé, entravant les efforts pour améliorer la qualité de vie et éradiquer la pauvreté, et menaçant la paix et la stabilité sociale dans plusieurs des pays les plus durement frappés. 

 

Une réponse complète à ces trois maladies est primordiale. Cela exige des niveaux de financement prévisibles, des engagements financiers à long terme et un investissement proactif des ressources. Les investissements dans la prévention, les traitements et les systèmes de soins de santé, en 2005-2007,  sauveront des millions de vies, réduiront l'impact socioéconomique de la maladie sur des pays à revenu faible et moyen et préviendront l'éventuel accroissement des dépenses liées à ces crises chroniques.

 

Le rôle du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

 

Divers mécanismes de financement bilatéral et multilatéral font de précieuses contributions à la lutte contre ces trois maladies. Le Fonds mondial joue un rôle crucial, dans ce contexte : il fournit environ 55% des fonds externes actuels pour la lutte à la tuberculose; 40% de ceux pour le paludisme; et 20 à 25% de ceux pour le VIH/sida. Pour renverser l'épidémie du VIH, l'ONUSIDA estime qu'il faudra 15 milliards $ en 2006, 18 milliards $ en 2007 et au moins 22 milliards $ par année à compter de 2008.

 

L'approche du Fonds mondial pour la provision d'assistance est unique. Il finance des projets techniquement fondés, conçus et mis en œuvre par les récipiendaires (gouvernementaux et non gouvernementaux); ses procédures et opérations sont transparentes et imputables; et il offre des occasions de partenariat public-privé. Il fait preuve de souplesse et de sensibilité dans ses initiatives, tout en maintenant une infrastructure minimale et rentable. Comme tout nouvel organisme, il est confronté à certains défis opérationnels - auxquels son équipe réagit par la réévaluation et la modification des procédures. 

 

Depuis ses débuts en 2002, le Fonds mondial donne des résultats impressionnants. Des subventions totalisant 3,1 milliards $ ont été approuvées dans 127 pays; et 1,2 milliards $ avaient déjà été versés à la fin d'avril 2005. Trois ans après sa création, le Fonds mondial a contribué à fournir des traitements antirétroviraux à 130 000 personnes vivant avec le VIH; un test volontaire du VIH à plus d'un million de personnes; un traitement à 385 000 patients atteints de tuberculose; un traitement contre le paludisme à plus de 300 000 personnes; et des filets anti-moustiques pour prévenir le paludisme, à plus de 1,35 million de familles. Le Fonds mondial a aussi rejoint des dizaines de millions de personnes en finançant une vaste gamme de programmes préventifs. Par ailleurs, le Fonds mondial répond à l'urgence de renforcer les ressources humaines dans le secteur de la santé, pour lutter contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, en subventionnant le salaire de professionnels de la santé et d'autres dépenses récurrentes que les donateurs traditionnels ne couvrent pas.

 

Or la situation actuelle du Fonds mondial est critique. Il aura besoin d'environ 2,9 milliards $ en 2006, et de 4 milliards $ par année à compter de 2007, pour poursuivre sa contribution efficace à la lutte mondiale contre ces trois maladies. Il connaît aussi un manque à gagner de 700 millions $ pour 2005, ce qui menace le financement de nouvelles propositions dans le cadre de la Ronde 5.

 

Les États-Unis se sont engagés à une contribution jusqu'à concurrence du tiers du financement total du Fonds mondial, à condition que les autres donateurs mondiaux versent les deux tiers restants. En 2004, l'Europe a versé une somme équivalant à un peu plus de la moitié des besoins financiers du Fonds mondial. Les pays donateurs hors de l'Europe et des États-Unis fournissent environ un sixième des fonds requis. Le tableau ci-joint présente la « juste part » que chaque pays donateur devrait contribuer pour combler entièrement les besoins du Fonds mondial en 2006 et 2007 (en supposant que les États-Unis fourniront le tiers du financement; l'Europe, au moins la moitié; et les autres donateurs, un sixième). 

 

Notre appel à l'action : les donateurs doivent financer entièrement le Fonds mondial

 

Nous, soussignés, croyons que le Fonds mondial est un mécanisme de financement essentiel à la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, et qu'il mérite un soutien financier complet. Nous exhortons les gouvernements des pays donateurs à faire preuve d'engagement et de leadership dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, en couvrant entièrement les besoins financiers du Fonds mondial pour 2005-2007 et en incitant d'autres pays à augmenter leurs contributions. 

 

En comblant entièrement les besoins du Fonds mondial, les gouvernements donateurs

 

-   habiliteront le Fonds à financer les troisième, quatrième et cinquième années des projets fructueux déjà en cours;

-   permettront au Fonds d'amorcer une ronde de financement pour d'autres projets urgents, y compris de nouveaux programmes d'amélioration des ressources humaines et des systèmes de soins de santé;

-   contribueront à réduire les éventuels besoins financiers liés à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, en fournissant dès maintenant des fonds suffisants;

-   assureront que des programmes salvateurs ne sont pas interrompus par manque de financement;

-   contribueront à l'harmonisation recommandée des efforts des donateurs;

-   appuieront un mécanisme efficace et transparent de financement multilatéral;

-   démontreront l'engagement moral solide de la communauté internationale à lutter contre ces trois maladies.

 

Nous devons vaincre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Chaque pays donateur devrait faire sa juste part dans cette lutte.

 

<signatures>


Annexe - « Juste part » suggérée pour les donateurs internationaux au Fonds mondial,  en millions $ US 4

Ce tableau présente la contribution annuelle moyenne des pays en 2002-2004 ainsi que leurs contributions connues et anticipées pour 2005, 2006 et 2007. Il suggère aussi la « juste part » que chacun devrait contribuer pour combler entièrement les besoins du Fonds mondial en 2006 et 2007. On suppose ici que les États-Unis fourniront le tiers du financement; l'Europe, la moitié; et les autres donateurs, un sixième.

Donateur

Contribution annuelle moyenne en 2002-20041

Contribution en 2005

Meilleur estimé pour 20062

Meilleur estimé pour 20072

« Juste part » suggérée en 20063

« Juste part » suggérée en 20073

TOTAL

1 221

1 411

2 018 a

2 119 a

3 600

4 200

États-Unis

361

435

600 g

600 g

1 200

(1/3 du total)

1 400

(1/3 du total)

Europe

654

748

1 011 a

1 102 a

1 800

(1/2 du total)

2 100

(1/2 du total)

Autriche

1

0

1a

1 a

10

10

Belgique

10

6

10 a

10 a

30

35

Danemark

15

23

23 b

23 b

45

55

Finlande

0

0

0 a

0 a

5

5

France

101

181

272 d

363 e

325

375

Allemagne

32

103

103 b

103 b

125

145

Grèce

0

0,3

0 a

0 a

5

5

Irlande

11

12

12 b

12 b

35

40

Italie

161

121

150 d

150 f

350

410

Luxembourg

2

1

2 a

2 a

5

5

Pays-Bas

35

56

56 b

56 b

110

125

Norvège

18

19

19 b

19 b

55

65

Portugal

0,5

0

0,5 a

0.5 a

5

5

Espagne

25

15

35 c

35 c

75

90

Suède

27

46

46 b

46 b

85

95

Suisse

6

4

6 a

6 a

20

25

Royaume-Uni

59

89

175 d

175 f

180

210

Autres - Europe

0,3

0

0,3 a

0,3 a

10

10

Commission européenne

151

70